Selon le nouveau baromètre Wojo 2026, trois collaborateurs sur quatre refusent l’idée de venir plus souvent au bureau. Pour les convaincre, les entreprises devront peut-être commencer par revoir leur copie.
Le retour au bureau fait débat, mais les salariés semblent avoir trouvé leur équilibre. C’est ce qui ressort du nouveau baromètre Wojo 2026, réalisé auprès de 903 membres des espaces Wojo et Mama Works à Paris, Lyon, Bordeaux et Lille. Alors que 36,4 % des décideurs interrogés ont renforcé ou envisagent de renforcer le présentiel cette année, 75,6 % des collaborateurs se déclarent défavorables à une augmentation de leur temps de présence.
Pour autant, il ne s’agit pas d’un rejet du bureau. L’étude montre surtout que les salariés attendent de meilleures conditions pour avoir envie de s’y rendre.
Trois jours au bureau, et pas forcément plus
Chez les collaborateurs interrogés, le travail hybride est largement installé : 88 % alternent entre présentiel et télétravail, avec une moyenne de trois jours par semaine au bureau.
Un rythme qui semble convenir à la majorité. Plus de la moitié (55,6 %) sont déjà à leur rythme idéal, tandis que 28,5 % aimeraient venir moins souvent et seulement 15,9 % davantage. La moyenne souhaitée s’établit à 2,7 jours par semaine.
Imposer davantage de présentiel pourrait même se révéler contre-productif. Près de 30 % des collaborateurs estiment qu’une telle décision nuirait à leur motivation ou à leur productivité. Et 11,5 % envisageraient de chercher un autre emploi.
Les collègues attirent, les conditions de travail découragent
C’est tout le paradoxe du bureau. Si les salariés ne souhaitent pas nécessairement y passer plus de temps, ils apprécient toujours de retrouver leurs collègues. Le lien social constitue ainsi la première motivation pour venir sur site (82,1 %), loin devant la concentration et la productivité (30 %).
Un constat qui rejoint celui de l’étude Ipsos bva pour Icade, selon laquelle 75 % des salariés restent attachés au bureau.
Mais encore faut-il que le déplacement en vaille la peine. Pour 65,3 % des collaborateurs interrogés par Wojo, le temps de trajet et la fatigue constituent le principal frein au présentiel. Viennent ensuite le bruit et les distractions (38,8 %).
Pour venir plus souvent, près d’un salarié sur deux souhaiterait davantage d’espaces de concentration (49,5 %), 44,2 % de meilleurs équipements techniques et 36,2 % un bureau plus proche de leur domicile.
Des attentes bien identifiées, mais peu d’actions
Voilà sans doute le résultat le plus étonnant de l’enquête : 74,2 % des décideurs ne prévoient aucune action spécifique pour encourager le retour au bureau en 2026.
Seuls 7,5 % envisagent d’améliorer les équipements et 3,8 % de réaménager leurs locaux. Un décalage entre les attentes des collaborateurs et les initiatives des entreprises, alors même que les décideurs identifient les problèmes de transport et d’environnement de travail.
Le coworking pourrait-il contribuer à résoudre cette équation ? C’est en tout cas ce que pensent 83,5 % des décideurs et 63 % des collaborateurs ayant exprimé un avis.
Mais l’étude montre que l’attractivité de ces espaces repose d’abord sur des critères très concrets : la facilité d’accès, la convivialité et l’ergonomie des postes de travail. Les services et les animations n’arrivent qu’ensuite.
Ces résultats doivent toutefois être relativisés : l’enquête porte exclusivement sur des membres Wojo et Mama Works, déjà familiers des espaces de travail flexibles, et non sur un échantillon représentatif des salariés français.
Reste un enseignement intéressant : à l’heure où certaines entreprises cherchent à imposer davantage de présentiel, le véritable enjeu n’est peut-être plus de faire revenir les salariés au bureau, mais de leur donner une bonne raison d’y venir.