Fellowes repense le poste de travail en 5 zones pour simplifier l’ergonomie au bureau

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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La marque américaine Fellowes ajoute une 5ᵉ zone dédiée aux câbles à son approche ergonomique du bureau et lance de nouveaux accessoires pour mieux organiser le poste de travail.

Il suffit d’observer les espaces de travail d’aujourd’hui, en entreprise comme à la maison, pour voir le décalage. Les bureaux sont plus modernes, plus design, parfois plus conviviaux. Mais côté ergonomie, le constat est moins flatteur. Écrans mal positionnés, postures approximatives, câbles qui s’accumulent sous les bureaux… L’inconfort reste une réalité pour une large partie des salariés.

C’est ce que met en évidence un livre blanc publié par Fellowes, spécialiste des solutions ergonomiques, selon lequel 80 % des salariés déclarent ressentir des douleurs liées au travail au moins une à deux fois par semaine. La réponse proposée par la marque américaine tient en une idée simple : structurer le poste de travail. Elle s’appuie pour cela sur une approche par zones, qui découpe l’espace en grands points d’attention, et la fait aujourd’hui évoluer avec l’ajout d’une cinquième zone dédiée à l’encombrement, à l’alimentation et aux câbles.

Ergonomie au bureau : une obligation encore peu appliquée

Le cadre réglementaire existe pourtant. La directive européenne 90/270 impose aux employeurs d’évaluer et d’aménager les postes de travail. Dans les faits, l’application reste inégale. Selon Fellowes, 73 % des entreprises ne réalisent pas d’analyse régulière des postes. Et lorsque ces audits sont menés, ils débouchent rarement sur des actions concrètes : 58 % des organisations identifient des problèmes sans y apporter de réponse.

En France, 56 % des salariés souffrent ainsi de raideurs au dos à cause d’un poste mal configuré, et 27 % estiment que ces douleurs affectent directement leur humeur. Le plus triste reste que ce mal insidieux déborde sur la vie intime, puisqu’un quart des sondés (25 %) avouent que cet inconfort les empêche parfois de sortir avec des amis ou de jouer avec leurs enfants le week-end.

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C’est ce que Louise Shipley, Directrice Marketing chez Fellowes, dénonce sous le terme très à propos d’« ergo-washing » : une façade de bien-être qui masque une inaction profonde. Or, cette négligence se paie au prix fort, car l’entreprise perd en moyenne 14 journées de travail par an et par employé, ce qui équivaut à une perte sèche de 2 000 euros par tête.

Une approche par zones pour structurer le poste de travail

Pour répondre à ces enjeux, Fellowes propose une lecture structurée du poste de travail. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle est ici formalisée : découper le bureau en zones, chacune correspondant à un type de contrainte physique ou d’usage.

L'approche par zones d'aménagement du bureau par Fellowes

Quatre zones existaient déjà. La première concerne le dos, avec les supports dorsaux, les repose-pieds ou les coussins d’assise, qui visent à limiter les tensions lombaires et à améliorer la posture globale. La deuxième s’intéresse aux poignets, aux mains et aux avant-bras, avec des équipements comme les repose-poignets ou les souris ergonomiques, pensés pour réduire les microtraumatismes liés aux gestes répétitifs.

La troisième zone porte sur la position de l’écran. Un écran mal placé, trop bas ou trop proche, peut générer des tensions au niveau de la nuque et des épaules. Les supports pour ordinateur portable ou les bras porte-écran permettent de corriger ces déséquilibres. Enfin, la quatrième zone concerne le mouvement, avec des solutions comme les bureaux réglables en hauteur, qui encouragent l’alternance entre positions assise et debout.

La nouveauté réside dans l’ajout d’une cinquième zone dédiée à l’encombrement, à l’alimentation et à la gestion des câbles.

L’encombrement, nouveau facteur d’inconfort au bureau

Ce cinquième axe traduit une évolution très concrète des usages. Le poste de travail s’est considérablement densifié ces dernières années. À l’ordinateur fixe se sont ajoutés les ordinateurs portables, les écrans secondaires, les stations d’accueil, les chargeurs, les casques et les accessoires.

Cette accumulation modifie la manière dont les salariés interagissent avec leur environnement de travail. Un câble trop court peut obliger à se pencher. Une prise mal positionnée peut entraîner des gestes répétitifs inconfortables. Un bureau encombré peut limiter les mouvements et compliquer l’organisation du travail au quotidien.

Ces contraintes, souvent considérées comme secondaires, finissent par avoir un impact réel sur le confort et la concentration. Elles participent aussi à la fatigue cognitive, en rendant le poste de travail moins lisible et plus difficile à utiliser.

De nouveaux équipements pour accompagner ces usages

Fellowes accompagne ce nouvel axe avec le lancement de plusieurs solutions d’électrification et d’organisation du bureau. Parmi elles, les modules Power Desk et Power Desk 2, qui se fixent directement sur le plateau du bureau et permettent d’accéder à des prises 230V ainsi qu’à des ports USB-A et USB-C sans avoir à se pencher sous le poste.

La gamme comprend également Power Spot, qui s’intègre dans les obturateurs de bureau, et Power Cube, une solution plus mobile à poser sur le plan de travail. L’objectif est de rapprocher les sources d’alimentation de l’utilisateur et de limiter les contraintes liées aux branchements.

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En parallèle, la marque poursuit le développement de ses accessoires ergonomiques. La gamme Breyta propose notamment des repose-poignets, des tapis de souris et des souris verticales, conçues pour favoriser une position plus naturelle de la main. Fellowes introduit également la gamme Alumia, composée de supports pour ordinateur portable en aluminium, destinés à améliorer la hauteur d’écran et à réduire les tensions au niveau du cou.

Équipés… mais pas toujours formés ou sensibilisés

L’équipement progresse, mais l’usage ne suit pas toujours. C’est l’un des enseignements du livre blanc de Fellowes. Près d’un salarié sur quatre (26 %) équipé de solutions ergonomiques n’a jamais reçu de formation pour les utiliser correctement. Un repose-poignet mal positionné, un écran réglé trop bas ou un bureau assis-debout utilisé sans alternance peuvent limiter, voire annuler les bénéfices attendus.

Le sujet n’est donc pas seulement d’équiper, mais de comprendre et d’utiliser. Et sur ce point, les écarts sont réels. On pourrait imaginer les 18-34 ans particulièrement attentifs à ces questions de confort. Ils ne sont pourtant que 48 % à déclarer comprendre le terme « ergonomie », contre 66 % chez les plus de 54 ans. Un décalage d’autant plus frappant que les plus jeunes évoluent souvent dans des environnements hybrides, plus flexibles… mais aussi plus exigeants en matière d’organisation du poste de travail.

Ce constat remet une évidence au centre du débat : l’ergonomie ne s’achète pas, elle s’apprend. Sans repères, sans réglages adaptés, sans accompagnement, le matériel reste sous-exploité.

Les conséquences dépassent largement le simple inconfort. Un poste mal utilisé pèse sur la concentration, l’énergie et, à terme, l’engagement. Dans un marché du travail tendu, un environnement de travail mal adapté peut aussi accélérer le départ des collaborateurs, avec un coût de remplacement estimé jusqu’à un salaire et demi. Comme le résume la spécialiste du burn-out Leanne Spencer : « l’ergonomie ne se contente pas de soulager la douleur, elle influence aussi la vitalité, l’humeur et la motivation ».

SOURCES :Livre blanc Fellowes sur l’ergonomie au travail en Europe
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.