Selon le baromètre Befimmo 2025, le bureau reste très important pour les travailleurs belges mais pas tous les jours, et surtout pas en flex office.
Le flex office semble avoir du plomb dans l’aile. En Belgique, près de deux tiers des travailleurs préfèrent un poste de travail fixe, selon la première édition du Baromètre du bureau, publiée début septembre par Befimmo. L’étude, menée auprès de 1 000 actifs et 200 étudiants belges, explore les nouvelles attentes autour du lieu de travail : fréquence de présence au bureau, lien social, confort, accès aux équipements, mais aussi critères écologiques ou design.
Le poste de travail fixe reste la préférence
C’est le chiffre à retenir : 64 % des travailleurs belges disent préférer un poste de travail fixe. Un attachement marqué, particulièrement en Flandre, où le chiffre monte à 69 %, contre 58 % en Wallonie et 55 % à Bruxelles. Du côté des étudiants, même tendance : 60 % privilégient un poste attitré, stable, plutôt qu’un système flexible.
Les postes dits « flexibles » convainquent moins. Moins de concentration, moins de structure, moins de lien social : c’est le ressenti exprimé par une majorité de répondants. Mais on peut s’interroger si ces critiques visent vraiment le fonctionnement en flex office ou l’organisation en open space. Quoiqu’il en soit, le constat est là : 35 % des salariés en open space déclarent avoir du mal à se concentrer, et la satisfaction moyenne dans ces espaces n’atteint que 6,6 sur 10.
Ce que révèle surtout l’étude, c’est le besoin d’un cadre clair et rassurant. Un point fixe, un environnement connu, une forme de continuité dans des organisations où le télétravail reste présent. Le message est net : la flexibilité ne convainc que si elle s’accompagne de confort, de calme et d’un minimum de repères.
Le modèle hybride plébiscité par les salariés, contrairement aux entreprises
Alors que plusieurs grands groupes durcissent leur politique de télétravail, à l’image de la Société Générale en France cet été ou de Microsoft cette semaine, les attentes des salariés belges vont dans une toute autre direction. Pour plus des deux tiers d’entre eux, le modèle idéal reste hybride : une alternance choisie entre bureau et télétravail, avec trois à quatre jours sur site. Un quart préfère ne pas télétravailler du tout, mais à l’inverse, seuls 11 % envisagent de passer à un modèle 100 % à distance.
Chez les étudiants, même tendance : 85 % se projettent au bureau dans leur futur emploi, souvent en complément d’un à deux jours à domicile. Le bureau reste un repère, mais il ne peut plus être imposé comme un bloc. Ce que les actifs revendiquent de leur côté, c’est un cadre clair, modulable, où l’on vient pour de bonnes raisons : le lien social, les échanges, l’envie de travailler ensemble, pas l’obligation rigide.
Le coworking séduit les jeunes générations
Autre enseignement du baromètre : le coworking gagne du terrain, surtout chez les étudiants. Près de 7 sur 10 se disent favorables à ce type d’espace, contre un peu plus de 4 travailleurs sur 10. Ce que les jeunes y recherchent : une ambiance plus agréable, la possibilité de travailler en équipe, des espaces de détente et des opportunités de networking. Bien plus que le simple fait de ne pas être chez soi ou dans les locaux d’une entreprise.
Le chiffre peut surprendre, car le coworking repose largement sur des postes de travail en open space, parfois non attitrés dans une logique de flexibilité assumée. Mais dans un environnement bien conçu, géré, équipé, le flex devient une expérience choisie, et non subie. Là encore, ce n’est pas la flexibilité qui pose problème, mais la manière dont elle est mise en œuvre.
Ce qui donne (vraiment) envie de venir au bureau
Au-delà du modèle hybride ou du type de poste, le baromètre Befimmo met en lumière des critères très concrets qui influencent la présence sur site. L’aménagement joue un rôle clé puisque deux tiers des travailleurs et 87 % des étudiants affirment que le design et l’ambiance des lieux les motivent à venir plus souvent. Lumière naturelle, végétalisation, espaces de détente, terrasses, équipements vélo ou douches sont autant de leviers cités. Chez les étudiants, l’envie d’un bureau inspirant est particulièrement forte.
La dimension écologique progresse aussi nettement : la moitié des étudiants et un tiers des travailleurs déclarent tenir compte des engagements durables de l’entreprise (mobilier éco-conçu, énergies renouvelables, mobilité bas carbone) dans leur choix d’employeur. Enfin, l’accessibilité reste un frein majeur. 44 % des travailleurs mettent en effet plus de 45 minutes pour rejoindre leur bureau. À salaire égal, un tiers privilégierait un employeur mieux situé.
Le baromètre Befimmo 2025 le confirme : le bureau reste un point d’ancrage, mais il ne peut plus fonctionner comme avant. Le rejet du flex office tel qu’il est vécu, le besoin de repères, la montée du travail hybride choisi, l’intérêt croissant pour le coworking et l’importance du cadre montrent une chose : ce n’est pas le bureau qui pose problème, mais la manière dont il est pensé, aménagé, imposé.
Les entreprises qui l’ont compris transforment leurs espaces en outils d’attractivité et d’engagement. Celles qui se contentent d’imposer des règles risquent de créer un décalage avec l’expérience vécue… et avec les attentes réelles.