BWA : le syndicat qui fait grandir le coworking en Belgique

Spaces Tour & Taxis à Bruxelles
La Belgian Workspace Association fédère la moitié du marché belge du coworking. Un acteur discret mais essentiel pour professionnaliser le secteur et porter sa voix.
Le coworking progresse partout en Europe, et la Belgique n’échappe pas à la règle. Le marché des bureaux flexibles y grandit vite, mais reste jeune, encore en quête de reconnaissance, de cadres clairs et de modèles rentables. C’est justement le rôle que s’est donné la Belgian Workspace Association. Créée en 1989, la BWA accompagne les opérateurs, dialogue avec les autorités et structure un écosystème en pleine mutation. Nous avons échangé avec son président, Kevin Van den Bosch, également Country Manager d’IWG Belgium & Luxembourg. Résultat : une plongée instructive dans les coulisses du coworking belge.
Le BWA, depuis 35 ans au service des espaces flexibles
Créée en 1989, à l’époque où le mot coworking n’existait même pas, la Belgian Workspace Association s’appelait encore l’UBCIB (Union Belge des Centres d’Affaires). Elle regroupe aujourd’hui près de 220 membres, tant de grandes enseignes comme IWG (Regus, Spaces) ou Mitwit, que des espaces indépendants comme Clockwise ou Fosbury & Sons. Soit environ la moitié des 500 espaces de travail flexibles en activité dans le pays. En mètres carrés, cela représente même une part encore plus importante du marché. Autant dire que la BWA parle au nom d’un secteur très bien représenté.

L’espace de coworking Clockwise à Bruxelles
À sa tête depuis un an, Kevin Van den Bosch cumule les casquettes : président de l’association et Country Manager pour IWG Belgium & Luxembourg. Un profil doublement impliqué, à la fois dans la réalité opérationnelle du marché et dans sa représentation collective. « L’objectif reste le même qu’il y a 35 ans : clarifier ce qu’est un centre d’affaires ou un espace de coworking, cadrer les pratiques, et accompagner les opérateurs dans leur développement », résume-t-il.
Le contexte a changé, mais les enjeux restent proches. Car même si le bureau flexible progresse en Belgique, il ne représente encore qu’environ 4 % du parc tertiaire. Un chiffre comparable à celui de la France, loin derrière Londres et ses 14 %. La majorité des entreprises restent encore attachées aux baux classiques, même si le vent tourne.
Former, encadrer, évangéliser le marché du bureau flexible
La BWA n’est pas seulement un syndicat de défense. C’est aussi un outil de structuration du marché. « L’un de nos rôles, c’est d’éviter que le secteur soit tiré vers le bas par des opérateurs qui ne maîtrisent pas les règles, même sans mauvaise intention », souligne Kevin Van den Bosch. En clair : l’association cherche à éviter les cow-boys du coworking. Ceux qui s’improvisent gestionnaires d’espaces ou société de domiciliation parce qu’ils disposent de quelques bureaux, sans se soucier des obligations légales ni des bonnes pratiques.

L’espace de coworking design de Fosbury & Sons à Boitsfort
Pour cela, la BWA mise sur la pédagogie. Elle organise des formations sur les obligations réglementaires (lutte contre le blanchiment, procédures KYC, domiciliation…), met à disposition des outils pratiques et propose un accompagnement juridique à ses membres. « Pour un petit opérateur indépendant, il n’est pas évident de suivre toutes les évolutions. On essaye de faire gagner du temps, de sécuriser leur activité et d’harmoniser les standards du marché. »
Mais la professionnalisation passe aussi par une meilleure compréhension du modèle. C’est là que l’association joue son rôle d’évangélisation, auprès des clients comme des propriétaires ou des pouvoirs publics. « Beaucoup ignorent encore les bénéfices du bureau flexible côté entreprise. On connaît les avantages pour les salariés, mais on parle moins des gains en agilité ou des économies pour les employeurs. »
Une volonté d’ouverture et de coopération européenne
Si la BWA agit d’abord au niveau national, elle cherche aussi à créer des ponts avec ses voisins. Car les problématiques rencontrées par les opérateurs belges – réglementation sur la domiciliation, exigences en matière de KYC, encadrement des contrats de service – sont largement partagées au sein de l’Union européenne.
« Aujourd’hui, on collabore encore trop peu avec les associations comme le Synaphe en France. Mais ça évolue, notamment à travers l’Europe Workspace Association », explique Kevin Van den Bosch. Cette structure européenne permet de faire circuler les bonnes pratiques entre pays et de porter une voix commune face aux institutions, alors que certaines directives européennes laissent une large part d’interprétation aux États membres.

Spaces Tour & Taxis à Bruxelles
L’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, le Luxembourg ou encore les Pays-Bas sont déjà dans la boucle. Et Bruxelles, capitale européenne oblige, pourrait jouer un rôle central dans cette dynamique d’harmonisation. Une manière aussi de renforcer la crédibilité du secteur au-delà des frontières.
Une vision de l’avenir : innovation, automatisation, résilience
Professionnaliser le présent, mais aussi anticiper l’avenir. Chaque année, la BWA organise un congrès qui rassemble ses membres autour de sujets stratégiques. Et l’innovation y tient une place de plus en plus centrale. « Certains centres belges fonctionnent déjà sans personnel, avec un maximum d’automatisation : contrôle d’accès, gestion des salles, support client digital… », note Kevin Van den Bosch.
L’intelligence artificielle, l’automatisation des processus et la digitalisation du parcours utilisateur ne sont plus des mots à la mode : ce sont des chantiers bien réels. Lors de la prochaine édition du congrès, l’ancien country manager de Google viendra d’ailleurs partager sa vision sur ces évolutions.

L’espace de coworking design de Fosbury & Sons à Alfons
Mais innover ne signifie pas forcément copier les modèles asiatiques ou américains. « Ce qu’on observe au Japon, par exemple, est fascinant, mais difficilement transposable tel quel en Belgique. L’important, c’est d’adapter l’innovation au contexte local, aux usages, aux attentes. »
Dans un marché encore jeune, marqué par une recherche d’équilibre entre rentabilité, qualité de service et résilience opérationnelle, ces réflexions collectives sont autant de leviers pour faire grandir tout un écosystème. Pour les opérateurs belges, rejoindre la BWA, c’est non seulement accéder à des ressources concrètes et gagner en légitimité, mais aussi ne pas rester seuls face aux défis du secteur.
FAQ
C’est quoi la BWA ?
La Belgian Workspace Association, c’est le syndicat qui regroupe les opérateurs de bureaux flexibles et centres d’affaires en Belgique. Elle représente la moitié du marché, défend les intérêts de la profession, accompagne ses membres sur les volets réglementaires, opérationnels et stratégiques… et fait avancer tout l’écosystème dans la bonne direction.
Pourquoi rejoindre la BWA ?
Pour ne plus avancer seul dans un secteur qui bouge vite. La BWA, c’est un réseau d’échange, des outils concrets, des formations ciblées, un appui réglementaire et une vraie reconnaissance auprès des partenaires et des autorités. Bref, tout ce qu’il faut pour gagner en légitimité… et en sérénité.
La BWA, c’est pour qui ?
Pour tous les opérateurs de bureaux flexibles, qu’ils gèrent un petit espace indépendant ou plusieurs centres à travers le pays. Ce qui compte, ce n’est pas la taille : c’est l’envie de professionnaliser son activité, de monter en compétence et de participer à la structuration du secteur.
Combien coûte l’adhésion à la BWA ?
L’adhésion à la BWA démarre à 345 € par an pour un espace, avec un engagement de trois ans. Pour les opérateurs multi-sites, le tarif monte à 530 € pour deux ou trois centres, 690 € pour quatre ou cinq, et 995 € au-delà. Un investissement raisonnable pour rejoindre le seul réseau structurant du coworking belge.
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- Une volonté d’ouverture et de coopération européenne
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