J’ai choisi le portage salarial, et vous ?

Devenir freelance, beaucoup en rêvent. Mais trouver le bon statut peut être un vrai casse-tête. C'est pourquoi j'ai opté pour le portage salarial.
Micro-entreprise, EURL, SARL, SASU… Quand on démarre une activité de travailleur indépendant, on peut vite être noyé par ces appellations juridiques. Elles ont toutes leurs avantages… mais aussi leurs inconvénients ! Le régime d’auto-entrepreneur est encore bien souvent plébiscité, car il est relativement simple à mettre en place. S’il a été convenablement réformé depuis son arrivée en 2008, il n’est pas forcément la voie royale. C’est pourquoi j’ai décidé de me tourner vers le portage salarial, une option qui reste encore négligée malgré de nombreux avantages.
Qu’est-ce que le portage salarial ?
Il s’agit d’une relation contractuelle tripartite. Je m’explique. Avec le statut de salarié porté, vous réalisez une prestation de service pour une entreprise cliente. Mais pour cela, vous passez au préalable un contrat avec une société de portage salarial (son unique activité). Celle-ci va ensuite s’occuper de toute la la facturation avec votre client afin que vous soyez payé pour la mission effectuée. Vous me suivez ? La société de portage prélève une commission (en frais de gestion) sur votre chiffre d’affaires, mais vous n’avez pas à vous occuper des contraintes administratives. Voyons maintenant plus en détail le fonctionnement de ce type de contrat.
Comment fonctionne le portage salarial ?
Le portage salarial s’adresse à ceux qui souhaitent bénéficier de l’autonomie dans le travail tout en conservant une protection ; soit un freelancing encadré !
Un contrat tripartite
Dans une société de portage classique, un prérequis de formation et d’expérience suffisantes dans l’activité portée est demandé (Bac +2 ou 3 ans). En tant que salarié, vous négociez directement le prix de la prestation auprès de votre client. La société de portage prend le relais pour récupérer le versement. Pour calculer le montant net, elle va déduire sa commission (comprise généralement entre 5 et 15 %), les charges patronales et fiscales ; les frais professionnels éventuels sont aussi pris en compte. Pour vous faire une idée, les différents organismes spécialisés ont généralement un outil de simulation disponible sur leur site.
Les contrats d’une entreprise de portage salarial
Une entreprise de portage courante propose deux types de contrat de travail : CDD et CDI. Pour le CDD, la durée maximale (en comptant les renouvellements) est de 18 mois. Aussi, comme le stipule entreprendre.service-public.fr, « les dispositions du code du travail concernant la période d’essai, l’indemnité compensatrice de congés payés, les conditions de rupture anticipée et l’indemnité de fin de contrat s’appliquent. » Pour le CDI, les règles globales sont identiques à un contrat d’entreprise habituel. Enfin, le salaire minimum brut est de 2 517,13 €. Ce montant est défini en jours, demi-journées ou heures (par rapport au plafond de la Sécurité sociale).
Portage salarial : atouts et inconvénients
L’atout majeur de ce dispositif est la tranquillité d’esprit pour le freelance ! En effet, vous n’avez pas à gérer les contraintes administratives, ni à faire des calculs savants pour savoir comment et combien facturer à vos clients. La société de portage s’en occupe !
Avantage du portage salarial en détail
La société de portage établit un contrat de travail précis avec les clauses exactes de la prestation de service : date du terme, calcul et versement de la rémunération, durée de la période d’essai, comment sont payés et pris les congés, etc. De plus, un rapport mensuel au salarié porté est réalisé par la société de portage sur les frais de gestion, les différents prélèvements ou la rémunération nette. Enfin, le salarié porté bénéficie de la médecine du travail, des différents dispositifs de formation professionnelle et de l’assurance chômage (contrairement à la micro-entreprise). En outre, les revenus issus du portage salarial se cumulent avec l’ARE (aide au retour à l’emploi de France Travail).
Inconvénient du portage salarial
Néanmoins, ce qui peut faire hésiter au choix de cette forme de freelancing encadré est le montant du revenu généré. Eh oui, la perfection n’est pas de ce monde ! Les micro-entrepreneurs versent en effet des cotisations moindres à l’URSSAF. Actuellement, celles-ci s’élèvent à 24,6 % du chiffre d’affaires pour les « autres prestations de services BNC » (mais passeront à 26,1 % au 1er janvier 2026). De plus, si vous avez droit à l’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise), le taux durant cette période n’est que de 11,6 %. Là où les prélèvements globaux d’une société de portage sont de 40 à 50 % pour le salarié porté (ce qui peut être désavantageux en début d’activité).
Mon parcours d’indépendant : auto-entrepreneur ou portage salarial ?
Tout à débuté pour moi en décembre 2020, lorsque j’ai déménagé en Alsace. J’ai eu l’opportunité d’effectuer des missions de rédaction web pour un site financier grâce à un ancien collègue. Je venais de quitter un emploi et j’avais le goût du challenge, c’est ainsi que je me suis lancé dans le monde du freelancing. Après avoir été auto-entrepreneur, j’ai finalement opté pour le portage salarial, pour me libérer notamment des contraintes administratives. Je vous en dis plus.
D’auto-entrepreneur débutant à papa confirmé : l’option du freelancing encadré !
Cette prestation n’avait pas de fin déterminée. Je devais fournir environ un article par semaine. Sans statut défini, j’ai fait les démarches pour être enregistré comme indépendant. Mon « employeur » m’a tout de suite indiqué de devenir auto-entrepreneur, le régime « par défaut ». Après avoir un peu bataillé au début avec la paperasse, j’obtiens mon enregistrement à l’INSEE en janvier 2021. Et très vite, je prends le pli de déclarer mes revenus à l’URSSAF chaque mois. À l’époque, la situation me convenait, je n’avais pas de grosses responsabilités par ailleurs, je ne me posais pas trop de questions.
Tout change en 2023 avec la naissance de mon fils. J’avais entre-temps repris le statut de salarié pour une agence web située près de Colmar. J’ai donc pu notamment bénéficier du congé paternité. Lorsque je décide de quitter cette entreprise pour retrouver mon indépendance fin 2024, il était évident que je ne choisirais pas la micro-entreprise. En effet, je voulais garder cette sécurité qu’offrait ma situation antérieure, car c’est toujours préférable avec un enfant à charge. C’est alors que j’ai découvert l’univers du freelancing encadré. Ce statut m’avait d’ailleurs été chaudement recommandé par un ami formateur spécialiste des questions liées au RCS. J’ai très vite commencé à prospecter et à comparer les offres et c’est de cette manière que j’ai rencontré Jump.

Site internet de Jump
ITG, Jump, One Portage… Quelle société de portage salarial choisir ?
Le portage salarial est historiquement animé par des structures bien établies, comme ITG. Par ailleurs, les experts observent des changements dans la conception du travail depuis plusieurs années. Un mouvement vers plus d’indépendance qui s’est accéléré au début de la décennie actuelle. Dès lors, le marché s’est adapté et diversifié.
C’est ainsi que la plate-forme Jump est arrivée en 2021, proposant une alternative novatrice au portage. Cette entreprise se distingue notamment par un suivi personnalisé vraiment efficace. Des réunions en visioconférence sont par exemple organisées avec les nouveaux arrivants pour bien expliquer son fonctionnement. Et surtout, elle sort son épingle du lot avec ses frais de gestion fixes à 99 € par mois, sans commission. Le site du magazine Challenges souligne : « [ces frais] permettent d’économiser jusqu’à 500 € par mois par rapport aux autres sociétés de portage salarial traditionnelles ».
Parmi les autres avantages de cette société de freelancing encadré, citons : la possibilité de lisser ses salaires, un plan d’épargne salariale, des chèques culture et la coopérative. Ce dernier dispositif vise les indépendants qui ne génèrent pas un gros chiffre d’affaires, et leur attribue le statut d’« entrepreneur salarié ». Enfin, leur service tout-en-un en ligne est très clair et transparent, beaucoup plus attractif qu’ITG.

Site internet de One Portage
Portage salarial en freelance, de bonne opportunités
La vie est une affaire de choix. Le freelancing encadré que j’ai décrit est une solution hybride vertueuse. J’ai pu constater une innovation constante dans la gestion des indépendants, un statut de plus en plus sécurisé. Dernièrement, j’ai croisé la route de One Portage, une excroissance de One RH.
Si son fonctionnement reste assez traditionnel, cette société de portage alsacienne se démarque en particulier avec la possibilité de bénéficier du droit local Alsace-Moselle. En effet, ce dernier comporte des avantages certains (jours fériés supplémentaires, préavis plus court pour démissionner, meilleur remboursement de l’assurance maladie…). Alors, à vous de jouer ?
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