18 000 m², 2 400 postes, food-court géant… À Clermont-Ferrand, le PIC réinvente le bureau version XXL.
Un espace de coworking plus grand que celui de la Défense ? Oui, mais à Clermont-Ferrand. Et ce n’est pas une blague. Dans les anciens bâtiments de Michelin, la ville auvergnate prépare l’ouverture du PIC, un « Club Med pour les professionnels » de 18 000 m² mêlant bureaux, coliving, bien-être et food-court. Ambitieux ? Complètement. Mais avec Tristan Colombet aux commandes, déjà à l’origine de Turing 22, et Michelin dans la boucle, ce projet hors normes entend bien faire rayonner Clermont au-delà des volcans.
Un projet hors norme au cœur de Clermont-Ferrand
Le PIC — pour Pôle d’Innovation Collaboratif — ne fait pas dans la demi-mesure. Installé dans l’ancien bâtiment B146 de la manufacture Michelin, il s’étendra sur 18 000 m², avec 2 400 postes de travail, une cinquantaine de salles de réunion, deux auditoriums, une salle de conférence, un food-court de 500 places et même… une salle de sieste. Pensé comme un lieu de travail, mais aussi de vie, le PIC rassemble tout ce qu’un salarié ou un entrepreneur peut souhaiter : bien-être, restauration, sport, hébergement et ultra-flexibilité.

« C’est comme le Club Med, mais pour les professionnels », résume Tristan Colombet dans une interview à France Bleu. Et le ton est donné. Le fondateur de Turing 22, déjà très actif dans le coworking clermontois, pousse ici tous les curseurs. L’offre est 100 % clé en main, sans bail, sans caution, sans engagement. À partir de 190 euros par mois, les entreprises accèdent à tous les services : internet, ménage, café, fruits frais, massages, esthéticienne… jusqu’aux 97 studios pour accueillir des collaborateurs de passage. Le prix d’appel est même fixé à 22 euros la journée pour les indépendants de passage.

Un coworking à l’échelle d’un quartier
Le PIC ne se contente pas d’être un espace de bureaux. Il s’inscrit dans un projet plus vaste de requalification du quartier Cataroux, mené par Michelin. Le site industriel historique se transforme en un véritable pôle économique autour de l’innovation, avec trois autres entités complémentaires : la Manufacture des Talents, le Centre des Matériaux durables et le Quartier des Pistes. L’objectif : créer un écosystème complet mêlant éducation, industrie, culture et entrepreneuriat. Le square de 1,5 hectare, le food-court, la boulangerie et les commerces intégrés montrent bien que le projet dépasse le simple cadre du bureau.
La réhabilitation du bâtiment a démarré début 2025. Les travaux d’aménagement s’achèveront à l’automne pour une ouverture prévue en décembre. Les premières entreprises sont attendues dès janvier 2026. Et elles sont nombreuses à se montrer intéressées. Selon Tristan Colombet, près de la moitié des postes de travail a déjà été préréservée et plus d’un millier de visiteurs ont déjà découvert les espaces témoins.

Un élan clermontois assumé
On n’attendait pas forcément un tel projet à Clermont-Ferrand. Mais la ville assume son ambition. « Cela peut paraître fou, mais nous avons sur notre territoire des champions du monde », rappelle Vincent Supiot, président de la foncière PIC. Michelin, bien sûr, mais aussi Limagrain, Thea… Et aujourd’hui, un espace de coworking d’envergure nationale, voire internationale. L’ambition est clairement affichée : attirer les talents du monde entier et faire du PIC un modèle d’innovation collaborative à l’échelle européenne.
Pour cela, le site s’ouvre dès le départ à l’international avec une signature en anglais : The workplace of the future. Des navettes depuis l’aéroport de Lyon sont envisagées et les dirigeants espèrent que cette dynamique participera à renforcer la desserte aérienne de Clermont-Ferrand.

Avec son offre all inclusive, son implantation au cœur d’un territoire en pleine mutation et le soutien massif d’acteurs publics et privés — Michelin, Banque des Territoires, Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, CCI, Région et État — le PIC propose un nouveau modèle. Celui d’un lieu où l’on vient travailler, se former, se détendre et tisser des liens. Le tout dans un cadre ultra-servicé, souple et stimulant. Un pari ambitieux pour Clermont-Ferrand, mais porté par une conviction forte : que l’innovation passe par l’humain, le collectif et l’audace.