Un coworking dans une école de ciné ? EICAR se la joue studio pro à Ivry-sur-Seine

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Le campus EICAR à Paris

L’EICAR lance un coworking au cœur de son campus pour connecter étudiants, pros et projets. Clap de début en juillet.

Et si les futurs Scorsese, productrices de série ou as du montage côtoyaient les pros du secteur au quotidien ? C’est le pari de l’EICAR, l’école de cinéma et d’audiovisuel basée à Ivry-sur-Seine, qui ouvre en juillet un espace de coworking sur son campus. Objectif : casser les murs entre l’école et l’industrie, et faire du campus un véritable hub de création.

Un campus pensé comme un vrai studio

À l’EICAR, on ne parle plus simplement de salles de cours et de plateaux pédagogiques. L’ouverture de cet espace de coworking marque une nouvelle étape dans la transformation de l’école en hub créatif à part entière. Situé au 5ᵉ étage du campus d’Ivry-sur-Seine, cet espace veut brouiller les frontières entre le monde académique et les réalités du terrain.

« Ce projet inédit d’EICAR démontre notre engagement à préparer nos étudiants aux défis de l’industrie, en les immergeant dans des conditions professionnelles, au cœur même de l’action », souligne Frédéric Sitterlé, directeur général de l’école, à nos confrères de MesInfos.

Avec ses 7 000 m² consacrés aux métiers de l’image et du son, le site dispose déjà de huit plateaux de tournage professionnels, d’un studio d’enregistrement, d’un espace d’étalonnage DaVinci Resolve, et de trente box de post-production pour le son, l’image et les VFX. Le coworking vient s’intégrer dans ce décor ultra-équipé, pour accueillir à la fois des étudiants, des jeunes talents, mais aussi des professionnels de la production audiovisuelle, de l’édition ou des médias numériques.

Connecter les talents aux pros

Le pari de l’école : créer une vraie synergie entre ceux qui se forment et ceux qui produisent déjà. L’espace de coworking ne proposera pas uniquement des bureaux. Il se veut un lieu de production, de collaboration, et surtout d’échanges. En intégrant directement l’écosystème professionnel dans l’école, EICAR entend favoriser les rencontres, les projets communs et les opportunités concrètes.

Un bureau des projets facilitera d’ailleurs la mise en relation entre les entreprises et les étudiants, pour accompagner les productions, offrir des stages ou participer à des appels à projets. Pour les pros, c’est l’occasion de repérer de nouveaux talents et de produire dans un environnement technique de haut niveau. Pour les étudiants, c’est une immersion directe dans les réalités du secteur, avec une vraie chance de se faire repérer.

Un modèle déjà testé à Montpellier

L’idée n’est pas tout à fait nouvelle. Elle s’inspire du fonctionnement du campus Ynov de Montpellier, où les deux derniers étages sont déjà occupés par des entreprises en coworking. Une formule qui a fait ses preuves : « Grâce à la présence d’entreprises partenaires occupant les deux derniers étages, dédiés au coworking, nos étudiants bénéficient d’opportunités de synergies professionnelles uniques », peut-on lire dans la présentation du site.

La différence, ici, c’est que le coworking s’intègre dans un site opéré directement par EICAR, et pensé comme une extension de la pédagogie. Le message est clair : pour se former aux métiers du cinéma, il ne suffit plus d’apprendre, il faut produire, créer, et rencontrer ceux qui font déjà.

Vers un campus nouvelle génération

Ce type d’initiative traduit un changement plus large dans la façon dont les écoles spécialisées envisagent leur rôle. Elles ne se contentent plus de transmettre des compétences : elles deviennent des plateformes. Des lieux où l’on apprend, mais aussi où l’on teste, où l’on invente, où l’on bosse en conditions réelles.

« Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’école de former des talents capables de s’adapter et de contribuer à l’évolution constante du secteur audiovisuel et cinématographique », résume Frédéric Sitterlé.

Rendez-vous en juillet pour découvrir ce nouvel espace hybride. Et peut-être y croiser un·e futur·e lauréat·e des César, en train de bosser sur un projet à deux cloisons de son producteur. À l’EICAR, l’industrie entre dans l’école. Et c’est tout sauf un décor.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.