Gustave Collection : ces bureaux parisiens qui s’inspirent des palaces

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Gustave Collection rue de Rivoli

Bureaux haut de gamme, services cinq étoiles et discrétion assurée : Gustave Collection redéfinit le luxe au bureau.

Et si le vrai luxe, c’était de bien travailler ? Gustave Collection transforme des immeubles haussmanniens en espaces de travail confidentiels, à mi-chemin entre hôtellerie de prestige et bureaux opérés. Deux adresses rue de la Paix, une autre avenue de l’Opéra… et bientôt un nouveau site face aux Tuileries, au 232 rue de Rivoli.

Derrière ce concept, Mathieu Billard, passé par le monde du coworking, qui cible les grandes entreprises, fonds d’investissement et maisons de luxe. Le tout avec une promesse claire : faire du bureau une expérience aussi soignée qu’un séjour dans un palace.

Un projet né dans l’après-Covid

L’idée de Gustave Collection naît en 2020, alors que les bureaux parisiens se vident en pleine vague de télétravail. Mathieu Billard, alors actif dans l’univers des bureaux flexibles, repère une opportunité : louer des immeubles vacants pour y créer une nouvelle expérience du travail, à l’opposé des open spaces standardisés.

Son constat est simple : le coworking traditionnel ne parle qu’aux freelances et aux petites structures. Les grandes entreprises, elles, cherchent autre chose. De la flexibilité, oui, mais aussi de la confidentialité, du confort, du service. Bref, un bureau qui donne envie de revenir en présentiel.

C’est ce vide que Gustave Collection entend combler, en s’inspirant des codes de l’hôtellerie de luxe. Un espace par étage, un service sur-mesure, un cadre raffiné. Chaque immeuble devient un lieu à part, pensé pour des entreprises qui veulent travailler autrement, sans rien céder à l’exigence.

Trois adresses emblématiques en plein cœur de Paris

C’est en juin 2022 que Gustave Collection inaugure son tout premier lieu, au 21 rue de la Paix. Un immeuble haussmannien repensé de fond en comble pour devenir un espace de travail hors normes, où chaque détail compte. Le mobilier est dessiné sur mesure, les matériaux choisis avec soin et les œuvres d’art sélectionnées en partenariat avec des galeries parisiennes. Le ton est donné : ici, le bureau s’inspire du luxe à la française, sans ostentation mais avec exigence.

gustave collection
Gustave Collection

Deux autres sites suivront rapidement : le 43 avenue de l’Opéra, puis le 10 rue de la Paix. Des adresses stratégiques, à quelques mètres les unes des autres, dans le quartier central des affaires de la capitale. Un choix qui n’a rien d’un hasard puisque c’est dans ce secteur que se concentrent les sièges sociaux, les maisons de luxe, les cabinets d’avocats et les fonds d’investissement. Autant de clients potentiels à la recherche d’un bureau plus souple, plus intime, mais sans compromis sur le standing.

Dans chacun de ces immeubles, l’expérience est pensée comme une continuité de l’hôtellerie haut de gamme. Restauration haut niveau, services personnalisés, conciergerie, spa, salles de sport, sécurité, confidentialité… le tout opéré par une équipe dédiée à chaque site. Le résultat ? Un taux d’occupation de 100 % et un turn-over faible, selon un article publié dans Forbes, qui évoque même la préparation d’une liste d’attente pour les futurs occupants.

Rivoli : le dernier chapitre parisien

La quatrième adresse parisienne de Gustave Collection ouvrira ses portes en fin d’année, au 232 rue de Rivoli, face aux jardins des Tuileries. Installé sous les arcades, l’immeuble s’étend sur 2 500 m² répartis sur cinq niveaux, dont trois étages de bureaux privatifs. Une terrasse végétalisée de 200 m² sur cour viendra compléter l’ensemble, avec une vue panoramique sur la Tour Eiffel, le Grand Palais et le Louvre.

gustave collection
Gustave Collection

Comme pour les sites précédents, l’aménagement est confié au Studio Vincent Eschalier, qui supervise l’intégralité du projet, des volumes jusqu’à l’art de la table. L’enveloppe investie s’élève à 12 millions d’euros. L’esprit reste le même avec un univers feutré, confidentiel, pensé pour des entreprises à la recherche d’un pied-à-terre d’exception dans la capitale. À l’intérieur, on retrouve tous les marqueurs Gustave Collection : mobilier dessiné sur mesure, bar, salle de sport, spa, restaurant privé et une équipe sur site à l’image d’un personnel hôtelier haut de gamme.

Cette ouverture marque aussi la fin du développement français de la marque. Avec quatre adresses dans le centre de Paris, Gustave Collection estime avoir couvert son marché cible. Cap désormais sur l’international, avec une ambition : ouvrir deux adresses par an à partir de 2026, à Milan, Dubaï, Singapour ou encore New York.

Un positionnement assumé, entre image et attractivité

Avec ses prestations haut de gamme, ses services inspirés de l’hôtellerie et sa logique d’exclusivité (un étage par entreprise, parfois un immeuble entier), Gustave Collection s’adresse à une clientèle exigeante. Fonds d’investissement, maisons de luxe ou grands groupes y trouvent un cadre de travail à la hauteur de leur image, mais aussi un levier d’attractivité pour leurs collaborateurs.

Dans un contexte post-Covid où ramener les équipes au bureau est devenu un défi, ces lieux offrent des avantages que les sièges traditionnels ne peuvent pas toujours proposer. Des prestations inédites au bureau (bien-être, restauration, services à la carte) qui viennent renforcer l’attractivité de l’expérience en présentiel, tout en cultivant un cadre à la fois apaisant et valorisant. Autant d’arguments pour séduire les talents.

Un positionnement qui a un coût : selon Les Échos, le prix moyen par poste chez Gustave Collection varie entre 2 000 et 3 500 euros par mois, contre 500 à 2 000 euros chez d’autres acteurs premium. Un tarif élevé, mais justifié par le niveau de service, la localisation et la rareté du modèle.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.