Mobidiq veut sauver vos bureaux (et la planète)

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin
Directeur de la publication
Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Adoptez un geste éco-responsable en équipant vos bureaux de mobilier d'occasion

Mobidiq invente une gestion intelligente du mobilier de bureau : un diagnostic, des économies et moins de CO₂ au compteur.

Chaque année, 250 000 tonnes de mobilier professionnel finissent à la poubelle. Trop vieux ? Pas forcément. Trop mal géré ? Sûrement. C’est de ce constat qu’est née Mobidiq, jeune pousse installée à Sophia Antipolis. Son idée : inventorier, diagnostiquer et prolonger la vie des meubles de bureau, grâce à un outil simple mais redoutablement efficace. Moins de gâchis, plus de maîtrise. Et une promesse : allier économies et engagement RSE, sans sacrifier le confort des équipes.

Une solution née dans un atelier d’ergonomie

Avant Mobidiq, il y avait Ergo Office. Une petite structure basée à Sophia Antipolis, spécialisée dans l’aménagement de postes de travail ergonomiques, notamment pour des salariés en situation de handicap. Rachetée en 2015 par Valérie et Julien Bacon, l’entreprise a grandi avec un credo simple : le bien-être au travail commence par le poste de travail. Mais au fil des missions, une question revenait sans cesse : que faire du mobilier devenu obsolète ou jugé inutile ?

« Bien souvent, les clients d’Ergo Office ne savaient pas quoi faire de leurs anciennes chaises, caissons et autres modules de bureau », explique Valérie Bacon dans les colonnes de Nice Matin. Si des acteurs du réemploi existaient déjà, aucun ne proposait une approche complète. C’est de là qu’est née Mobidiq.

Diagnostiquer pour mieux réemployer

Mobidiq repose sur un outil de diagnostic développé en interne, capable d’évaluer en quinze minutes l’état d’un poste de travail. L’analyse est précise : mobilier à conserver, éléments à réparer, coûts estimés, gains possibles – en euros comme en CO₂. Le client reçoit un rapport clair, chiffré, et peut décider des suites : rénover sur place, remplacer à l’identique, ou libérer l’espace.

À la clé, des économies importantes. Pour un projet récent, « sur 85 sièges de bureau à changer, 62 ont pu être restaurés », rapporte Var Matin. Résultat : plus de 10 000 euros économisés.

Le mobilier est classé par état, un peu comme les appareils électroménagers : de A à F selon son potentiel de seconde vie. « Chaque bureau neuf émet 40 kg de CO₂ », rappelle Julien Bacon dans Le Journal des Entreprises. Autant dire que prolonger la durée de vie du mobilier n’est pas qu’une affaire de bon sens économique, c’est aussi un levier environnemental majeur.

Une baleine pour symbole, la loi AGEC en toile de fond

Le nom Mobidiq n’est pas un hasard. Il fait bien sûr référence au célèbre cachalot, mais aussi à la capacité des baleines à séquestrer du carbone. « Nous avions entendu que les baleines étaient des alliées naturelles de l’homme grâce à leur capacité à capter et séquestrer du carbone », racontent les fondateurs dans Le JDE. Le logo de l’entreprise est d’ailleurs une baleine stylisée, symbole de cette ambition écologique.

Mais Mobidiq s’inscrit aussi dans une actualité réglementaire très concrète : la loi AGEC. Depuis 2021, elle impose aux structures publiques d’intégrer au moins 20 % de mobilier issu du réemploi ou de la seconde vie. Ce seuil passera à 30 % en 2026. Une contrainte pour certains, une opportunité pour Mobidiq. « Notre solution permet à la fois de respecter les obligations légales et de faire de vraies économies », indique un communiqué relayé par GPO Mag. Un client a ainsi économisé 40 000 euros en réutilisant 74 % de son mobilier, tout en évitant 51 tonnes de CO₂.

Une approche locale, sociale et duplicable

L’autre force de Mobidiq, c’est son ancrage local. Les restaurations sont confiées à des structures de l’économie sociale et solidaire, comme Soli-cités à Grasse. Certaines réparations se font même sur site. À terme, un atelier mobile pourrait voir le jour pour intervenir directement dans les grandes entreprises.

L’entreprise développe aussi une offre spécifique baptisée Handi-Mobidiq, pour aider les référents handicap à mieux gérer le mobilier adapté. Un segment encore peu adressé, mais crucial pour garantir une accessibilité durable dans les bureaux.

Une gestion du mobilier comme un actif stratégique

Aujourd’hui, Mobidiq accompagne une dizaine de projets à Nice, Sophia Antipolis, Annecy ou Nantes. L’évaluation est facturée en moyenne 40 € HT par poste de travail, et les clients peuvent aussi acheter la licence du logiciel, pour une autonomie complète.

Mais au fond, c’est la philosophie qui change. Le mobilier de bureau n’est plus un simple consommable. Il devient un actif, un levier d’optimisation, un support de politique RSE. « Trop de mobilier de bureau part à la poubelle, sans même savoir s’il peut avoir une seconde vie », déplorent les fondateurs dans l’interview donnée au site J’aime les start-up. Mobidiq entend renverser cette logique. Et visiblement, le courant est en train de tourner.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.