Avec “La Formidable”, la jeune marque française repense la modularité des espaces de travail… sans compromis sur le design.
Déplacer une table de réunion, libérer une salle, reconfigurer un espace pour un événement… Sur le papier, rien de compliqué. Dans la réalité, c’est souvent une autre histoire entre mobilier trop lourd, stockage impossible ou dépendance aux services généraux.
C’est précisément ce décalage que Poppyns, jeune maison d’édition française, a décidé de corriger avec une approche radicalement différente. Sur Workspace Expo 2026, nous avons eu l’occasion d’échanger avec sa fondatrice, Stéphanie Lourd, autour de leur produit phare au nom évocateur : La Formidable.
Le design au service de la fonction : réveiller les bureaux
Le point de départ de Poppyns est né d’une observation simple sur le terrain : bien souvent, les produits présents dans nos bureaux ne répondent pas efficacement aux besoins quotidiens des usagers.
« On est une agence d’architecture spécialisée dans l’aménagement de bureaux, donc nous connaissons bien le milieu », nous explique Stéphanie Lourd. « On avait un problème simple : nous ne trouvions pas de table de réunion modulable, qui soit surtout facile à stocker lors d’un événement ».
Pour répondre à ce vide, la marque s’est construite avec une conviction forte : il faut réinventer l’équipement tertiaire avec un design qui soit à la fois plus intelligent, plus fonctionnel et durable. Chez Poppyns, le design n’est pas qu’une question d’apparence, il est pensé pour accompagner la fonction première de l’objet.
« La Formidable » : quand moduler l’espace n’est plus un combat
C’est avec cette philosophie que la marque a conçu « La Formidable », une table de réunion qui s’attaque à une vraie problématique du flex office et des espaces collaboratifs : la transformation rapide d’une salle.
Fini les lourdes tables qui nécessitent l’intervention des services généraux. Pour Stéphanie Lourd, « l’idée est de proposer quelque chose de très facilement modulable, manipulable par une seule personne, sans faire appel aux services généraux ».
Pour y parvenir sans sacrifier le poids indispensable à la stabilité de la table, Poppyns a développé des platines ultra-glissantes. Le résultat est saisissant, comme nous avons pu le constater sur le salon : « À une main, je la pousse. Elle glisse comme un pingouin sur la banquise », s’amuse Stéphanie Lourd. Ainsi, « même un collaborateur peut maintenant manutentionner une table aujourd’hui avec notre produit ».
Sans vis ni outils, il suffit d’une console, d’un plateau et de trois clips pour que la table soit prête à l’emploi. Un parti pris d’agilité qui a d’ailleurs poussé la marque à ne pas intégrer de prises électriques directement dans le meuble, jugeant qu’une table câblée perd instantanément sa modularité si la pièce n’est pas elle-même équipée de prises au sol pour suivre le mouvement.
Un stockage ingénieux et une personnalisation totale
Mais que faire des tables lorsque l’on veut libérer l’espace pour organiser un grand déjeuner ou la présentation des chiffres de l’année ? C’est souvent là que le bât blesse. L’architecte pointe du doigt les limites des modèles concurrents : « Soit vous levez le plateau, soit vous les imbriquez. Vous avez alors une pièce de 20 mètres carrés qui est condamnée pour l’événement ».
Poppyns a intégré cette contrainte dès la conception. Une fois démontée, la structure de base se transforme en une console élégante. « C’est pas une table de réunion qu’on a envie d’enlever, les gens me disent « Où est-ce qu’on la range ? » On la range surtout pas, on la garde. Elle devient utile », souligne la créatrice, imaginant ces consoles servir de desserte lors d’un cocktail. Les plateaux, quant à eux, sont optimisés pour se ranger discrètement : une niche de seulement 48 centimètres de profondeur suffit pour stocker les plateaux de 8 tables.
Côté esthétique, la marque refuse la standardisation si typique du tertiaire. « En table de réunion, on a un gros problème, c’est qu’aujourd’hui il existe du chêne, du noyer, du noir, du blanc. Et puis voilà, c’est à peu près tout. Nous, c’est personnalisable », précise la fondatrice. Avec son pied central (qui offre l’avantage de libérer de l’espace pour asseoir 6 personnes avec seulement 2 tables), le produit propose plus de 100 coloris et finitions pour s’adapter à tous les projets.
Le pari du circuit court et du juste prix
Au-delà de l’ingéniosité du produit, c’est aussi le modèle de production qui fait la force de cette jeune maison. Poppyns revendique fièrement son ancrage territorial. « Notre agence est à Paris et nos fabricants sont dans les Hauts-de-France », détaille Stéphanie Lourd. « On a réussi à rapatrier notre production en France, donc on est très contents. On a mis deux ans à faire ça ».
En tant que « designacteur responsable », l’entreprise produit uniquement à la commande, garantissant une logique de « 0 stock, 0 gaspillage ». Mais surtout, elle parvient à proposer ce mobilier éco-responsable et local à un tarif très compétitif pour le marché B2B. Sur le salon, la fondatrice nous a indiqué qu’une composition de 6 tables (permettant d’installer 12 personnes) est affichée à 5 980 euros, soit un peu moins de 1 000 euros la table.
Une démarche qui prouve que l’aménagement de nos futurs espaces de travail peut parfaitement conjuguer flexibilité extrême, audace visuelle et responsabilité industrielle.