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Télétravail : plus d’accords, moins de jours dans les entreprises françaises

Administratif
Par Thibaut,  publié le 5 mai 2025 à 8h56.
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Travailler à domicile apporte de nombreux avantages

Le télétravail se négocie toujours autant, mais les entreprises en réduisent la portée, selon une étude du ministère du Travail.

Trois jours à la maison ? C’est fini. Loin de reculer, le télétravail s’installe durablement dans les entreprises françaises… mais sous conditions. C’est ce que révèle une nouvelle étude de la Dares publiée en avril 2025. Le nombre d’accords signés reste élevé, preuve que le sujet reste brûlant. Mais derrière cette apparente vitalité, un phénomène plus discret se dessine : la tendance à limiter le télétravail à un ou deux jours par semaine. Plus répandu, mais plus encadré. Moins de liberté, mais plus de règles.

Le boom des accords télétravail se confirme, mais ralentit

Trois ans après le pic post-Covid, le télétravail reste solidement ancré dans les pratiques. En 2023, 2 080 accords d’entreprise ont été signés pour encadrer cette organisation du travail, selon l’étude de la Dares. C’est moins que les 3 940 accords signés en 2021, mais toujours largement au-dessus des niveaux d’avant crise (1 300 en 2019). Ce volume élevé prouve que le télétravail n’est plus un simple ajustement de crise : il s’inscrit désormais dans le temps long des négociations collectives.

Ce mouvement s’accompagne d’une autre dynamique, plus discrète mais révélatrice : la montée en puissance des avenants. Un quart des textes déposés en 2023 sont des mises à jour d’accords existants. Les entreprises ne renoncent pas au télétravail, elles le réajustent. Et cette évolution passe aussi par la taille des structures concernées : en 2023, une entreprise sur cinq signataire d’un accord sur le télétravail comptait moins de 50 salariés. Ce chiffre a triplé en six ans.

2 jours par semaine, la norme dans 47% des accords

Si le télétravail continue de se négocier, il tend aussi à se restreindre. L’étude révèle que les formules les plus généreuses, avec trois jours ou plus de télétravail par semaine, ont cessé de progresser. Elles représentaient près de 20 % des accords en 2023, contre moins de 10 % en 2017. Mais la tendance est désormais à la modération.

Deux jours par semaine reste la norme la plus fréquente : c’est ce que prévoient 47 % des accords. Mais c’est la catégorie « un seul jour par semaine » qui progresse le plus. En 2023, elle concerne plus d’un tiers des textes, contre à peine la moitié six ans plus tôt. “La proportion d’accords instaurant la pratique du télétravail au moins deux jours par semaine augmente fortement au début de la crise sanitaire, pour culminer en 2021. Cette tendance s’inverse ensuite”, observe la Dares. L’euphorie du « tout télétravail » post-Covid semble avoir fait long feu.

Les entreprises cherchent un nouvel équilibre. Certaines ont expérimenté des formules très souples, parfois jusqu’à quatre ou cinq jours à distance. Mais beaucoup sont revenues à des modèles hybrides plus cadrés, pour préserver le collectif, renforcer la cohésion ou simplement reprendre la main sur l’organisation.

Le télétravail est devenu un acquis, mais sous surveillance

Dans les textes, cette volonté de contrôler la pratique se traduit aussi par une évolution de la durée des accords. Près de la moitié sont désormais conclus pour une durée indéterminée. Les autres sont généralement limités à un an ou deux, laissant la porte ouverte à des révisions fréquentes. Ce choix traduit une certaine prudence, voire une méfiance : oui au télétravail, mais à condition de pouvoir le réévaluer rapidement.

La question de la présence au bureau reste sensible. Certaines entreprises imposent des jours fixes sur site, d’autres adaptent les règles selon la distance domicile-travail ou la situation des salariés. L’étude note que les accords reflètent des réalités très diverses et des marges d’interprétation importantes. Mais une chose est sûre : “le télétravail est devenu un acquis” pour de nombreux salariés, notamment les cadres, comme le rappelle la CFE-CGC. Le retirer serait désormais plus risqué que de l’encadrer.

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