Télétravail : une habitude bien ancrée… mais pas pour tout le monde !

Le télétravail fait partie des nouveaux modes de travail tendance
En France, 22 % des salariés du privé télétravaillent. Mais cette pratique reste très inégale selon le métier, le genre et même la taille du logement. Décryptage.
L’INSEE vient de publier une étude qui le confirme : le télétravail s’est installé durablement dans les entreprises françaises. Plus d’un salarié du privé sur cinq y a recours, avec une moyenne de 1,9 jour par semaine en distanciel. Mais cette flexibilité n’est pas accessible à tout le monde. Qui télétravaille le plus ? Qui reste scotché au bureau ? Décryptons cette France du travail hybride où tous les salariés ne sont pas logés à la même enseigne.
Spoiler : être cadre, habiter loin de son travail et vivre dans un logement spacieux augmentent vos chances de travailler en pyjama (ou en costard, pour les plus sérieux).
Le télétravail, un acquis post-Covid
Il y a encore cinq ans, travailler depuis chez soi relevait de l’exception. En 2019, seuls 4 % des salariés pratiquaient le télétravail de façon régulière. Puis est arrivée la crise sanitaire, et avec elle, une bascule massive vers le distanciel. Au plus fort du premier confinement, trois salariés du privé sur dix travaillaient à domicile, un record qui ne sera plus jamais atteint par la suite. Mais l’habitude est restée.

Travailler à domicile apporte de nombreux avantages
Aujourd’hui, le télétravail concerne 22 % des salariés du secteur privé, selon l’INSEE. Et contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un retour au tout-présentiel. L’organisation hybride s’est imposée comme la norme, avec une moyenne de 1,9 jour de télétravail par semaine.
Des inégalités marquées selon les métiers
Si le télétravail est entré dans les habitudes, il n’a pas gagné tout le monde de la même manière. Les cadres sont les grands gagnants : près de 63 % d’entre eux travaillent à distance au moins une fois par mois, contre seulement 10 % des employés et 22 % des professions intermédiaires. Dans les entreprises où la proportion de cadres dépasse 40 %, l’INSEE constate même un effet d’entraînement sur les autres catégories de salariés.
Les secteurs jouent aussi un rôle clé. Dans l’information-communication et les services financiers, 75 % et 60 % des salariés télétravaillent, contre une minorité dans l’industrie et le commerce. Sans surprise, dans l’hôtellerie-restauration, le télétravail est quasiment inexistant.
Les femmes télétravaillent plus que les hommes
Autre enseignement de l’étude : les femmes télétravaillent plus que les hommes. À poste et secteur équivalents, elles ont 6,4 points de pourcentage de plus de chances d’être en distanciel. Une donnée qui soulève des questions sur la répartition des tâches domestiques.

L’INSEE souligne toutefois une différence selon l’âge des enfants. Contrairement aux idées reçues, les parents de jeunes enfants ne télétravaillent pas plus que les autres. En revanche, ceux dont les enfants ont entre 6 et 17 ans y ont recours plus fréquemment.
Le télétravail, un luxe de l’espace et de la distance
Habiter loin de son travail ou dans un logement spacieux augmente les chances de télétravailler. L’INSEE observe que les salariés vivant à plus de 100 km de leur lieu de travail ont une probabilité de télétravailler supérieure de 12,2 points de pourcentage par rapport à ceux qui habitent à moins de 5 km.
À l’inverse, un petit logement peut être un frein. Les salariés disposant de moins de 20 m² par personne ont moins recours au télétravail que ceux qui bénéficient de plus de 30 m² par personne. Le confort joue donc un rôle clé dans l’adoption du distanciel.
Un cadre désormais structuré par les entreprises
Longtemps informel, le télétravail est désormais encadré par des accords d’entreprise. En 2022, 4 % des accords signés mentionnaient le télétravail, contre moins de 1 % en 2017. Les deux jours de télétravail par semaine sont devenus la norme, alors qu’avant la crise, la majorité des accords ne prévoyaient qu’une journée au maximum.
Cet encadrement permet d’éviter certaines frustrations. Un salarié sur cinq ayant télétravaillé récemment aurait souhaité le faire davantage, tandis que 11 % des salariés occupant un poste télétravaillable n’ont pas pu en bénéficier, souvent à cause du refus de l’employeur.
Vers un télétravail stabilisé ?
Après une phase d’expansion fulgurante, la pratique du télétravail semble avoir atteint un point d’équilibre. Depuis 2022, la part des télétravailleurs est restée stable autour de 22 %, avec une légère tendance à la baisse du nombre de jours télétravaillés par semaine. Seule exception, chaque hiver, où l’INSEE observe une hausse temporaire du télétravail.
Si la généralisation du distanciel semble avoir trouvé ses limites, il est désormais un élément clé de l’organisation du travail. Un modèle hybride qui séduit, mais qui reste encore loin d’être accessible à tous.
