Travailler dans un café : mode d’emploi pour bien choisir et bien se tenir

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin
Directeur de la publication
Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Changer d’air pour travailler, pourquoi pas ? À condition de choisir le bon café et d’adopter les bons réflexes.

Envie de sortir de chez vous sans pour autant rejoindre un espace de coworking ? Travailler dans un café peut sembler être la solution idéale. L’ambiance est vivante, le bruit de fond stimule la concentration, et un bon espresso n’est jamais loin. Mais attention : entre restrictions d’usage, wifi capricieux et prises électriques bien cachées, tout n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Voici un guide pratique pour profiter au mieux des cafés… sans déranger, ni se faire déranger.

Est-il possible de travailler dans un bar ou un café ?

Oui, il est tout à fait possible de travailler dans un bar ou un café. Et dans certaines situations, c’est même une vraie bouffée d’air. Vous êtes entre deux rendez-vous ? En déplacement dans une ville que vous ne connaissez pas ? Vous avez une présentation à finaliser ou quelques mails urgents à traiter ? Un café peut faire office de point de chute idéal. C’est simple, accessible, chaleureux.

Mais attention : cette solution, aussi pratique soit-elle, n’est pas toujours bien acceptée. Certains cafés accueillent volontiers les télétravailleurs. D’autres, au contraire, affichent clairement leur refus. Et la tendance semble s’inverser depuis quelques mois. Après l’effet post-confinement, où les ordinateurs portables étaient devenus omniprésents dans les coffee shops, de plus en plus d’établissements limitent aujourd’hui l’usage des ordinateurs, ou interdisent purement et simplement le télétravail, surtout aux heures de forte affluence.

Sedus Work Café

La raison est simple : un ordinateur posé sur une table, c’est souvent un client qui reste longtemps sans consommer beaucoup. Pour des lieux dont la rentabilité repose sur le volume, ce n’est pas toujours tenable. Résultat, certains cafés bannissent les laptops le week-end, d’autres coupent le wifi à certaines heures, et dans certains cas, on vous demandera poliment… ou moins poliment, de partir.

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Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à travailler dans un café. Mais cela demande d’identifier les bons lieux et d’adopter les bons réflexes. Car ce n’est pas un espace de travail comme un autre, c’est avant tout un lieu de vie — qu’il faut apprendre à partager.

Pourquoi travailler dans un café attire de plus en plus

Le succès des cafés auprès des travailleurs ne doit rien au hasard. Quand on veut s’éloigner des distractions du domicile ou éviter l’ambiance trop formatée d’un espace de coworking, le café s’impose comme une alternative souple, accueillante, presque instinctive.

Il y a d’abord l’aspect pratique. En déplacement, entre deux rendez-vous ou en attendant un train, on cherche souvent un endroit où se poser une heure ou deux. Lire ses mails, retoucher une présentation, passer un appel, répondre à ses messages : tout ça demande un minimum de confort, de calme et de connexion internet. Et pour ça, un bon café bien choisi peut faire toute la différence.

Mais au-delà du côté ponctuel, certains y voient un lieu de travail à part entière. L’ambiance vivante, le bruit de fond modéré, la lumière naturelle, le passage : autant de conditions qui, selon plusieurs études, favorisent la concentration et la créativité. C’est moins rigide qu’un bureau, moins impersonnel qu’un coworking, et bien plus stimulant qu’une journée enfermée dans un appartement.

Travailler à la terrasse d’un café

Travailler dans un café permet aussi de recréer un rythme. On choisit ses horaires, on retrouve ses habitudes, on ancre sa journée avec une boisson chaude ou une pause gourmande. Voir d’autres personnes en train de travailler aide à se motiver. Et parfois, ça va plus loin : un mot échangé avec le barista, une discussion qui démarre avec son voisin de table… Travailler dans un café, c’est aussi se sentir relié à la ville, à la vie. Et pour beaucoup, ce lien fait toute la différence.

Comment bien choisir son café pour travailler

Tout commence avant même d’ouvrir son ordinateur. Si vous cherchez un lieu pour travailler une heure ou deux, mieux vaut cibler un endroit adapté.

Où trouver un café pour travailler ?

Tous les cafés ne sont pas prêts à accueillir des télétravailleurs, mais certains le font avec enthousiasme. Des lieux comme l’Anticafé (à Strasbourg, Lyon, Bordeaux) en ont même fait leur spécialité : on paie à l’heure, et on profite librement du wifi, des prises électriques et des boissons chaudes. Le cadre est pensé pour travailler, sans gêner personne.

D’autres options existent : les espaces McCafé, les Starbucks, les hôtels qui ouvrent leurs salons aux télétravailleurs, comme ceux du réseau Wojo lancé par Accor, ou encore certains coffeeshops indépendants qui ont compris l’intérêt d’attirer une clientèle nomade en journée. On peut aussi repérer des cafés adaptés en se fiant à l’ambiance du lieu : si plusieurs ordinateurs sont déjà installés, c’est souvent bon signe.

Les bons critères pour choisir son café

Une fois sur place, quelques éléments sont à vérifier. Y a-t-il des prises accessibles ? Le wifi est-il disponible et stable ? Même si le partage de connexion via smartphone suffit souvent pour relever ses mails ou charger un fichier, mieux vaut savoir à quoi s’attendre. La disposition des tables, la lumière naturelle et le niveau sonore jouent aussi un rôle : un café agréable pour une pause ne l’est pas forcément pour un rendez-vous en visio ou une session d’écriture concentrée.

Autre point important : la possibilité de s’isoler un minimum. Un coin plus calme, un étage, une banquette à l’écart peuvent faire toute la différence. Surtout si vous devez passer un appel, ou si vous ne voulez pas taper votre mot de passe sous les yeux de votre voisin de table.

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Workniche – Studio Niche – Photo : R. Portelli

Café et télétravail : les bons réflexes une fois installé

Une fois votre ordinateur ouvert et votre café servi, tout ne fait que commencer. Car travailler dans un café, ce n’est pas juste trouver une table libre et se connecter au wifi. C’est aussi savoir se faire discret, respecter l’espace et ne pas oublier que vous êtes dans un lieu public… pas dans un bureau privatisé.

Premier réflexe : consommer régulièrement. Un espresso pour trois heures de travail, ce n’est pas un bon calcul — ni pour le commerçant, ni pour la réputation des télétravailleurs. Il ne s’agit pas de commander à l’excès, mais de garder un équilibre. Une boisson à l’heure, un déjeuner si vous restez sur le créneau de midi, ou une viennoiserie en cours de route : des petits gestes qui montrent que vous jouez le jeu.

Autre point essentiel : éviter les heures de forte affluence, notamment entre midi et deux. Quand la salle se remplit, rester installé à taper sur un clavier pendant que des clients attendent une table n’est jamais très bien perçu. Mieux vaut venir en matinée ou en milieu d’après-midi, quand les cafés sont plus calmes et que votre présence prolongée gênera moins.

Au Sofffa, vous ne payez que le temps passé dans cet espace chaleureux

Et puis il y a la question des visios, souvent la goutte d’eau. Même avec des écouteurs, un appel dans un lieu bruyant ou confiné dérange vite les autres clients. La voix porte, le ton monte sans qu’on s’en rende compte, et l’atmosphère peut vite virer au malaise. Si vous devez absolument participer à une réunion en ligne, essayez de vous isoler ou sortez le temps de l’appel. Ce sera plus agréable pour tout le monde, y compris pour vous. Certaines chaînes comme l’Anticafé ou certains hôtels proposent des recoins calmes parfaits pour ça.

Au fond, ce qui fait la différence, c’est une forme de bon sens et de politesse. Travailler dans un café n’a rien d’illégitime, tant que cela ne se fait pas au détriment du lieu, de son personnel ou des autres clients. En respectant ces règles implicites, vous contribuez à maintenir une cohabitation sereine — et vous faites en sorte que les travailleurs nomades restent les bienvenus.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.