Comment le travail hybride a trouvé son rythme de croisière en Europe

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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WeWork vient de dévoiler les chiffres d’utilisation de ses espaces en Europe continentale pour l’année 2025. Oubliez le grand débat binaire entre télétravail et retour au bureau : l’heure est désormais à la présence « intentionnelle » et hautement stratégique.

Le travail hybride n’est plus en phase de test, il est entré dans l’âge de la maturité. C’est l’enseignement principal de la rétrospective 2025 dévoilée par WeWork, basée sur les données de réservations et de visites de son portefeuille en Europe continentale. En analysant les usages de ses offres « All Access » (abonnement mensuel) et « On-Demand » (paiement à l’utilisation), le géant du coworking dresse le portrait d’un marché immobilier métamorphosé.

Aujourd’hui, on ne va plus au bureau par simple habitude. Les moments de présence physique sont devenus beaucoup plus structurés, prévisibles et associés à une véritable valeur ajoutée (collaboration, onboarding, performance).

Le mardi et le mercredi, rois de l’open space

Si les entreprises cherchaient à lisser la présence de leurs salariés sur toute la semaine, c’est raté. En 2025, les pratiques se sont fortement stabilisées autour de jours de présence communs. Le mardi s’impose comme le jour le plus fréquenté dans l’ensemble des pays européens analysés, suivi de très près par le mercredi.

Ce rythme partagé n’est pas un hasard : il reflète la volonté des équipes de s’aligner pour maximiser les échanges en face-à-face, tout en préservant la flexibilité du télétravail en début et en fin de semaine. Le bureau redevient ainsi un véritable outil de synchronisation sociale.

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La fin du présentéisme continu, place à la saisonnalité

L’autre grand enseignement de cette étude, c’est que l’utilisation des bureaux répond désormais à une forte saisonnalité. Septembre s’est imposé comme le mois le plus dynamique de l’année, enregistrant une croissance annuelle spectaculaire de +60 % pour les réservations à la carte (On-Demand). Les abonnements mensuels (All Access) ont quant à eux atteint leur pic d’utilisation en octobre.

Ces pics automnaux démontrent que les entreprises utilisent les espaces physiques pour des moments clés : l’intégration des nouveaux collaborateurs, les cycles de planification stratégique ou le réalignement des équipes après la pause estivale. Le modèle du bureau consommé en continu tout au long de l’année s’efface au profit d’une utilisation ciblée.

L’expérience et l’emplacement priment sur les mètres carrés

Malgré la rationalisation des surfaces par les entreprises, l’intérêt pour les bureaux physiques ne faiblit pas : les visites dans les espaces WeWork en Europe continentale ont même progressé de +3 % sur un an. Mais la demande est devenue intraitable sur la qualité.

Lorsque les employés font l’effort de se déplacer, ils exigent des emplacements centraux et parfaitement desservis. La qualité, l’emplacement et la facilité d’accès prennent désormais le pas sur la seule taille des surfaces. Comme le résume Rebecca Nachanakian, Directrice Générale de WeWork pour l’Europe continentale et le Moyen-Orient : « À mesure que la présence au bureau se structure, les entreprises deviennent plus sélectives. Aux côtés de l’emplacement et de la fonctionnalité, l’expérience et l’hospitalité occupent désormais une place plus importante dans les décisions liées au bureau ».

Une croissance fulgurante au-delà des grandes capitales

Sur le plan géographique, Paris et Berlin continuent de dominer le marché européen, concentrant les volumes de réservation les plus élevés, tant pour les abonnements que pour les usages à la demande. À Paris, les bâtiments WeWork dominent largement le classement des sites les plus utilisés.

Cependant, le marché opère désormais à deux vitesses. L’étude révèle une expansion fulgurante des solutions flexibles dans d’autres métropoles. Les réservations On-Demand ont ainsi explosé avec une croissance de +84 % sur un an à Prague et Amsterdam, prouvant que la révolution du travail hybride est en train de conquérir des marchés jusqu’ici secondaires. Paris n’est d’ailleurs pas en reste sur cette offre à la carte, avec une très forte progression de +71 %.

En 2026, la question pour les directions immobilières et les managers n’est donc définitivement plus de savoir si les collaborateurs reviendront au bureau, mais comment ils s’en serviront. Une chose est sûre : chaque mètre carré devra désormais prouver son utilité.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.