Le groupe britannique affiche une croissance record de son réseau, portée par les contrats de gestion et une hausse continue de l’occupation.
IWG avance à grande vitesse, mais sans forcer. Pour son troisième trimestre 2025, le leader mondial du bureau flexible signe plus de 300 nouveaux contrats, ouvre 215 centres et continue de remplir ses espaces. Le chiffre d’affaires progresse, les revenus de gestion s’envolent et tout ça sans alourdir le bilan.
Car c’est bien là le cœur du sujet : IWG ne grossit plus comme avant. Il s’allège, délègue, accélère. Le modèle “asset-light” s’impose trimestre après trimestre comme la clé d’un développement plus souple, plus rentable, plus compatible avec un monde du travail qui n’a clairement plus envie de revenir en arrière.
Des chiffres en forte progression, tirés par les centres opérés pour tiers
IWG vient de signer un troisième trimestre particulièrement dynamique. Le chiffre d’affaires global atteint 1,125 milliard de dollars, en hausse de 4 % par rapport à l’an dernier. Mais la performance la plus marquante vient du segment des centres opérés pour le compte de tiers (Managed & Franchised), en pleine accélération. Ce segment enregistre une croissance de 36 %, avec 83 % de hausse sur les revenus récurrents de gestion.
Le groupe a signé 335 nouveaux contrats sur le trimestre, contre 234 un an plus tôt, et ouvert 215 centres, soit une progression de plus de 40 %. En parallèle, le taux d’occupation continue de grimper sur l’ensemble du réseau, y compris sur les centres détenus en propre, mais sans précision sur le chiffre. Le revenu par espace disponible (RevPAR) se stabilise : il baisse légèrement dans les centres en gestion, logiquement plus jeunes, mais reste solide sur les sites matures.
Dans un contexte économique encore incertain pour le bureau traditionnel, ces chiffres traduisent une croissance solide, bien répartie, mais surtout une bascule : ce ne sont plus les actifs détenus qui tirent IWG, ce sont les espaces opérés pour le compte d’autres et cette mécanique s’accélère.
Le modèle asset-light entre dans sa phase d’industrialisation
Depuis des mois, Mark Dixon le martèle : la croissance d’IWG ne repose plus sur la possession, mais sur l’exploitation. Ce troisième trimestre le confirme. Avec plus de 1 500 centres opérés en gestion ou franchise, dont plus de 1 000 en gestion directe, le groupe a changé d’échelle. Il ne s’agit plus d’une orientation stratégique, mais d’un modèle qui tourne à plein régime.
Le principe est simple : les murs appartiennent à d’autres, IWG apporte le savoir-faire, la marque, les outils et l’exploitation. Un modèle “asset-light” calqué sur l’hôtellerie, qui permet d’ouvrir vite, partout, et sans mobiliser de capitaux lourds. Résultat : 190 000 espaces supplémentaires sont déjà dans les tuyaux, prêts à ouvrir d’ici 12 à 24 mois.
Alors oui, le RevPAR baisse mécaniquement sur les nouveaux sites (344 $ / mois en moyenne contre 431 $ un an plus tôt). Mais c’est un effet attendu. Ces centres n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière. Comme l’a rappelé Dixon dans ses dernières interviews, il faut environ 18 mois pour qu’un centre atteigne son plein potentiel. Et à maturité, ces centres délivrent des revenus récurrents, peu volatils, avec une rentabilité bien meilleure que les centres détenus.
Cette logique n’a rien d’un pari. Elle repose sur une organisation centrale ultra optimisée (IT, marketing, finance, relation client) et une capacité à répliquer un modèle à grande échelle. Ce que Dixon résumait ainsi : « Nous en avons ouvert plus ces six derniers mois que pendant les dix premières années d’existence du groupe. »

IWG pose les bases d’une croissance durable… et revendique son rôle de plateforme mondiale
Avec ce troisième trimestre, IWG ne se contente pas de signer une belle série de chiffres. Le groupe valide un modèle, assume sa posture de leader et pose les fondations de sa prochaine phase de croissance.
Sur le plan financier, les voyants restent au vert : plus de 100 millions de dollars ont déjà été redistribués aux actionnaires depuis le début de l’année, la dette reste maîtrisée (813 M$) et aucune échéance significative n’est attendue avant 2029. Le programme de rachat d’actions se poursuit (130 M$ prévus en 2025), tout comme les investissements ciblés.
Côté vision, le groupe continue d’affiner son rôle de plateforme d’exploitation mondiale. Le portefeuille multi-marques qui va de Regus à HQ, en passant par Spaces, Signature ou No18, permet de couvrir tous les segments, toutes les géographies, tous les usages. Chaque centre s’appuie sur un socle technologique commun, piloté par une infrastructure centrale qui rationalise les opérations.
Mais c’est aussi du côté de l’innovation que les choses bougent. L’intelligence artificielle est annoncée comme un axe d’investissement fort d’ici 2026. Et le groupe teste déjà de nouveaux formats, comme les pods dans les aéroports américains, en partenariat avec Jabbrrbox. Sans oublier les offres haut de gamme, les clubs privés, les espaces premium. L’idée est claire : élargir la couverture, sans sortir du cadre.
Pour Dixon, le bureau est devenu “partout et nulle part”. Avec près de 5 700 sites dans 120 pays, IWG fait en sorte qu’il reste surtout disponible, adapté et activable à la demande. Ce troisième trimestre ne fait que confirmer cette ambition : transformer le bureau en service et IWG en standard mondial.