Saint-Étienne : NYFD mise 20 millions d’euros pour devenir un poids lourd du bureau flexible

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Kosmos Coworking Saint-Etienne

La marque Coworking Saint-Étienne change de dimension. Désormais intégrée dans NYFD, elle vise 10 000 m² de bureaux flexibles d’ici 2027.

À Saint-Étienne, le coworking monte d’un cran. Ou plutôt de plusieurs milliers de mètres carrés. Derrière la marque Coworking Saint-Étienne®, connue des indépendants et TPE locales, NYFD entend désormais jouer dans une autre catégorie. En ligne de mire : 10 000 m² de bureaux hybrides d’ici 2027, répartis sur plusieurs sites de l’agglomération, avec à la clé un investissement global de 20 millions d’euros.

Une montée en puissance rapide, portée par Sylvain Vallier et un investisseur privé ligérien, qui vise à positionner la marque comme acteur de référence du bureau flexible en Auvergne-Rhône-Alpes. Entre réhabilitation patrimoniale, campus multi-usages et services clés en main, NYFD veut imposer sa propre vision du bureau de demain, ancrée localement mais pensée pour durer.

De CWSE à NYFD : un acteur local qui change d’échelle

L’histoire commence en 2011, avec le lancement de la marque Coworking Saint-Étienne® (CWSE). Une offre modeste mais bien pensée, à l’image de ses deux premières adresses : Kosmos House (350 m²) et Alpha House (650 m²), situées dans le quartier du Technopôle. On y retrouve ce qui fait le socle du bureau flexible : bureaux privatifs, espaces partagés, salles de réunion équipées, services mutualisés… et même box de stockage.

Aux commandes, on retrouve Sylvain Vallier, qui a fait évoluer le modèle au fil des années, en intégrant une activité de domiciliation d’entreprises (plus de 160 domiciliés aujourd’hui) et une logique de services à la carte, y compris pour des locations ponctuelles. Une offre pensée pour les besoins locaux, dans une ville où les grandes enseignes du coworking sont encore peu présentes.

Mais les ambitions ont pris un nouveau virage en 2024 avec la création de NYFD, issue d’un rapprochement à 50/50 entre CWSE et un family office ligérien. Ce dernier, dont l’identité reste confidentielle, représente les intérêts d’un industriel local. Résultat : une capacité d’investissement immédiate de 20 millions d’euros et une volonté affirmée de structurer une marque capable de s’imposer régionalement.

« Nous réfléchissions depuis longtemps à passer la vitesse supérieure. Mais c’était vraiment le moment d’agir », explique Sylvain Vallier à If Saint-Etienne. Derrière cette décision, un constat partagé : le marché stéphanois est en train de s’ouvrir, et mieux vaut prendre position avant que les grands noms n’y débarquent.

Trois adresses pour structurer le réseau stéphanois

La montée en puissance de NYFD s’appuie sur un triptyque immobilier déjà bien identifié, avec des implantations pensées pour mailler stratégiquement l’agglomération.

Le premier jalon est posé au sud de Saint-Étienne, avec la reprise de l’Espace Fauriel. Ce site de 600 m², installé dans les anciens bâtiments de Manufrance, avait déjà amorcé sa reconversion en centre d’affaires il y a une quinzaine d’années. Il va désormais être entièrement rénové pour rouvrir début 2026 dans l’esprit développé par CWSE avec des bureaux à la carte, salles de réunion, services mutualisés et domiciliation. Une manière d’étendre la présence de NYFD en dehors du Technopôle, tout en redonnant vie à un pan du patrimoine industriel local.

Mais c’est au nord de la ville, à deux pas du Technopôle, que le projet le plus ambitieux va sortir de terre. Rue Molina, sur 4 000 m², NYFD prévoit l’ouverture d’un véritable campus multi-usages, combinant espaces de travail et lieux de vie. Au programme : bureaux flexibles bien sûr, mais aussi crèche, salle de sport, box de stockage, guinguette-pétanque, et même animations le soir et le week-end. Un lieu pensé comme un pôle d’activités à part entière, capable d’attirer des entreprises… et de garder leurs équipes motivées.

Enfin, troisième site à l’horizon : Andrézieux-Bouthéon, avec un projet de construction sur foncier vierge. Une première phase de 1 000 m² est prévue, mais le terrain permettra de développer à la demande, en fonction des besoins du territoire. Une manière de s’ancrer dans un bassin économique dynamique, où les solutions flexibles manquent encore cruellement.

Avec ces trois adresses, NYFD vise un total de 10 000 m² à horizon 2027, tout en affirmant un positionnement clair avec une offre pensée pour les entreprises locales, sur des sites complémentaires, avec une logique de maillage territorial.

Un modèle intégré, une ambition régionale

Derrière l’effet d’échelle, NYFD assume une ligne claire : proposer des bureaux “clés en main”, sans friction ni surprise, adaptés aux réalités économiques des TPE, PME et filiales de grands groupes. Pas de bail 3-6-9, pas de frais cachés, pas de dépôt de garantie dissuasif. L’offre inclut la connexion fibre, le mobilier ergonomique, le ménage, les boissons chaudes, les phone box et les salles de réunion.

coworking saint etienne
Espace de coworking La Rubanerie à Saint-Etienne

« Les entreprises recherchent désormais de la flexibilité, des espaces inspirants qui renforcent leur marque employeur et leur permettent de s’adapter rapidement aux évolutions du marché », résume Sylvain Vallier dans le communiqué. La promesse ? Moins de charge mentale pour les dirigeants, plus de réactivité pour les équipes. Et surtout, des lieux de travail plus en phase avec les usages post-Covid, où l’on peut évoluer à plusieurs sans occuper 250 m² sous-utilisés.

Mais ce repositionnement local n’est qu’une première étape. L’ambition est clairement régionale, avec déjà des projets à l’étude du côté de la Savoie. NYFD se positionne comme une alternative locale aux majors du coworking, en misant sur l’ancrage territorial, la réhabilitation de bâtiments existants et une approche plus humaine du bureau flexible.

Un pari qui peut sembler audacieux. Mais avec plus de 20 millions d’euros d’investissement engagés et un marché stéphanois encore peu structuré, la place est à prendre. Et NYFD entend bien ne pas la laisser filer.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.