Starbucks met fin au coworking sauvage dans ses cafés

Des étudiants qui travaillent depuis un Starbucks en Corée du Sud
En Corée du Sud, certains clients avaient transformé les cafés en bureaux suréquipés. Starbucks a décidé de dire stop. Et ce n’est peut-être qu’un début.
Pendant des années, Starbucks a tout fait pour attirer les travailleurs nomades. Prises électriques à chaque table, Wi-Fi rapide, espaces calmes, cloisons individuelles dans certains établissements : en Corée du Sud, la marque a même été pionnière dans l’accueil des télétravailleurs et des étudiants. Le phénomène avait un nom : le cagong, contraction de café et gongbu (étude), désignant ces longues sessions de travail dans les coffee shops.
Starbucks, pionnier de l’accueil des télétravailleurs
Mais à force de vouloir séduire, l’enseigne a fini par se laisser déborder. Au fil du temps, les cagongjok (les usagers eux-mêmes) ont poussé le concept à l’extrême : ordinateurs fixes, écrans massifs, imprimantes, multiprises, cloisons portatives… Des installations dignes d’un open space, dans des lieux pensés pour accueillir tout le monde. Certains restaient toute la journée, ne commandaient qu’un seul café et réservaient leur table comme un bureau personnel. Résultat : saturation des espaces, tensions avec les autres clients et ambiance dégradée.
Starbucks Corée a décidé de reprendre la main. L’enseigne a interdit l’usage de tout équipement encombrant dans ses 2 000 cafés du pays à partir du mois d’août : ordinateurs de bureau, imprimantes, multiprises, cloisons… Ces règles sont désormais affichées en magasin, avec un rappel clair : les petits appareils restent autorisés, notamment les ordinateurs portables, mais les postes de travail suréquipés ne sont plus les bienvenus.
Vers la fin du coworking sauvage dans les coffee shops ?
Ce revirement n’est pas anodin. La Corée est le troisième marché mondial de Starbucks et un terrain d’expérimentation pour la marque. Ce que l’on teste à Séoul pourrait bien inspirer d’autres pays, confrontés aux mêmes excès. Car partout, de Lisbonne à Berlin, le modèle du café-coworking est remis en question. Certains établissements coupent le Wi-Fi, limitent les prises, ou imposent une consommation minimum. L’accueil des “digital nomads”, autrefois considéré comme un atout, devient un sujet de débat.
Avec cette décision, Starbucks envoie un message clair : le café peut rester un lieu de travail, mais dans une certaine mesure. L’équilibre entre hospitalité, rentabilité et expérience partagée devient une priorité. Et il marque peut-être le début d’une nouvelle ère du télétravail hors bureau, plus encadrée, plus collective… et un peu moins sauvage.
