Qui aurait cru que le simple fait de se rendre au travail à vélo pourrait être une clé pour améliorer notre bien-être mental ?
Qui aurait cru que le simple fait de se rendre au travail à vélo pourrait être une clé pour améliorer notre bien-être mental ?
S’entasser dans une rame de métro bondée ou s’agacer dans les bouchons n’est pas la meilleure façon de commencer sa journée de travail. Face à ce stress quotidien, le « vélotaf » (l’utilisation du vélo pour le trajet domicile-travail) s’impose de plus en plus comme un véritable sas de décompression. Mais au-delà du simple coup de boost matinal, cette habitude a des effets cliniques prouvés sur notre cerveau.
C’est ce que vient de démontrer une étude menée par l’Université d’Édimbourg. Oubliez les sondages déclaratifs : les chercheurs ont croisé les données du recensement de 378 253 personnes âgées de 16 à 74 ans travaillant à Glasgow et Édimbourg avec les archives du système de santé national recensant les prescriptions médicales sur les cinq années suivantes. Et les résultats sont sans appel.
15% des prescriptions d’antidépresseurs en moins chez les vélotafeurs
Selon l’étude écossaise, les vélotafeurs affichent un équilibre psychologique nettement supérieur à ceux qui utilisent la voiture ou les transports en commun. Seulement 9 % des cyclistes ont en effet reçu une prescription pour la santé mentale, contre 14 % chez les non-cyclistes. Une fois les biais statistiques neutralisés, les chercheurs estiment à -15,1 % la baisse du risque de se voir prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques sur cinq ans chez ceux qui pédalent pour aller bosser.
Le fait d’intégrer une activité physique régulière, couplée à l’aération de l’esprit avant et après sa journée de bureau, agit donc comme un puissant régulateur de stress, bénéfique tant pour le salarié que pour l’entreprise.
Les femmes, premières bénéficiaires de cet équilibre
Fait particulièrement intéressant, les bénéfices de ce mode de déplacement ne sont pas les mêmes pour tous. L’étude révèle que l’effet positif du vélotaf sur la santé mentale est plus prononcé chez les femmes que chez les hommes.
Dans le détail, les cyclistes féminines voient leur risque de recevoir des prescriptions (antidépresseurs ou anxiolytiques) chuter de 17,1 %, contre une baisse de 13,2 % pour leurs homologues masculins. De plus, le vélo s’avère particulièrement efficace pour lutter contre les états dépressifs. L’étude note ainsi une baisse plus forte des prescriptions d’antidépresseurs (- 11,8 %) que d’anxiolytiques (- 8,6 %).
Le coût invisible du mal-être pour les entreprises
Pourquoi les entreprises devraient-elles s’intéresser à la façon dont leurs salariés viennent au bureau ? Tout simplement parce que l’enjeu économique est colossal. Les chercheurs rappellent que la mauvaise santé mentale coûte chaque année environ 8,8 milliards de livres sterling à l’économie écossaise, dont la majeure partie est liée à la perte de productivité et à l’absentéisme.
Environ 40 % de ces coûts peuvent être directement attribués à la dépression majeure et aux troubles anxieux. Encourager la pratique du vélo n’est donc plus seulement une démarche écologique ou une mode RSE, c’est un véritable investissement de prévention santé pour l’employeur.
La proximité d’une piste cyclable favorise l’utilisation du vélo
Comment encourager le développement de ce mode de transport ? Les chercheurs ont identifié un levier d’action principal : les infrastructures. L’étude s’est d’ailleurs appuyée sur une variable très concrète pour mesurer l’impact du vélo, à savoir la distance entre le domicile du salarié et la piste cyclable la plus proche.
Ainsi, « des personnes similaires sont plus susceptibles de se rendre au travail à vélo si elles habitent à proximité d’une piste cyclable », explique le Dr Laurie Berrie, qui a participé à cette étude. Autrement dit, quand une piste passe près de chez soi, on a plus de chances de l’emprunter.
Pour Chris Dibben, qui a dirigé l’étude, investir sérieusement dans les pistes cyclables et mieux promouvoir leur usage aurait des retombées en cascade. « Non seulement cela pourrait améliorer la santé mentale des gens, mais cela pourrait aussi contribuer à réduire les émissions de carbone, les embouteillages et la pollution de l’air », souligne-t-il au média STV.
Aux municipalités comme aux entreprises qui choisissent l’emplacement de leurs bureaux, le constat renvoie la même idée. Pour avoir des salariés heureux et performants, commencez par leur tracer une piste cyclable sécurisée.
C’est quoi le velotaf ?
Le « velotaf » est un terme qui désigne l’utilisation du vélo comme moyen de transport pour se rendre au travail. C’est une contraction de « vélo » et « boulot ». Cela consiste à utiliser son vélo pour les trajets domicile-travail.
Quels sont les bienfaits de faire du vélo ?
Comme de nombreuses activités physiques, faire du vélo a des impacts positifs sur la santé physique et la diminution du stress. C’est également une option économique et écologique pour se déplacer.
Le vélotaf est-il bon pour la santé mentale ?
Oui. Une étude de l’Université d’Édimbourg menée sur 378 000 actifs montre que les vélotafeurs ont 15 % de risque en moins de se voir prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques sur cinq ans, comparés à ceux qui utilisent un autre mode de transport. L’effet est encore plus marqué chez les femmes (-17,1 %). Activité physique quotidienne, sas entre la maison et le bureau, exposition à l’air libre : le vélotaf cumule plusieurs facteurs connus pour agir positivement sur le moral.