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WeForge, ou l’art de forger une communauté entrepreneuriale

Espace de travail
Par Thibaut Bernardin,  publié le 24 octobre 2025 à 12h55, modifié le 28 octobre 2025 à 18h06.
Espace de travail
WeForge La Roche sur Yon

Né à Angers en 2013, WeForge a bâti dans l'Ouest de la France un réseau de six espaces fidèle à sa vision : des lieux à taille humaine pour entrepreneurs engagés.

Et si on pouvait grandir sans copier les autres ? Depuis 2013, WeForge trace sa propre voie dans l’univers du coworking. Né à Angers, le réseau s’est développé lentement, sans levée de fonds ni modèle clé en main, en misant sur l’indépendance, la propriété de ses murs, et surtout une communauté fidèle d’entrepreneurs, les « forgerons ». Aujourd’hui présent dans quatre villes de l’Ouest, WeForge continue d’étoffer son maillage, sans jamais perdre de vue l’essentiel : le lien.

Une coloc d’entrepreneurs devenue réseau de coworking

Simon Gérard et Julien Fournier, les deux fondateurs de WeForge, se rencontrent autour de l’organisation des TEDx Loire. Un soir, à la sortie d’une conférence, des amis lancent une phrase qui les fera réfléchir : « Ce n’est pas possible de créer à Angers. » Eux pensent exactement le contraire. Et décident de créer un lieu pour prouver que l’entrepreneuriat y est possible.

Nous sommes en 2013. Le coworking n’est pas encore ce qu’il est aujourd’hui. D’un côté, les centres d’affaires classiques comme Regus dominent le marché. De l’autre, quelques tiers-lieux associatifs commencent à fédérer des communautés d’entrepreneurs, souvent soutenus par des collectivités. Simon et Julien veulent autre chose, une grande colocation d’entrepreneurs, un lieu indépendant, où l’on partage bien plus que des bureaux.

Leur premier espace ouvre dans un ancien plateau du centre-ville d’Angers. Le lieu est vide, brut, mais central. « On avait 400 m², on trouvait déjà ça énorme… mais on l’a vite rempli avec des amis qui lançaient leur boîte », se souvient Simon. Parmi les premiers résidents, Ecolutis, future iDVROOM rachetée par la SNCF, apporte rapidement un coup de projecteur au lieu.

WeForge La Roche sur Yon Banzaiii Camp

Très vite, WeForge dépasse le simple partage de bureaux. L’ambition est déjà là : créer un espace d’émulation entrepreneuriale, où se croisent créateurs, indépendants, investisseurs et partenaires industriels. Le mot coworking, pourtant, reste longtemps écarté. « On trouvait le terme galvaudé. Ce qu’on faisait, c’était autre chose. On appelait ça le Banzaiii Camp », sourit Simon.

À Angers, un modèle qui s’étoffe… sans se dénaturer

Avant de penser à essaimer ailleurs, WeForge grandit d’abord chez lui, à Angers. Installé au 25 rue Lenepveu, en plein cœur de ville, le site historique passe de 400 à près de 3 000 m² en moins de huit ans. Une extension organique, portée par la fidélité des membres et l’arrivée de nouvelles entreprises.

Ce développement progressif permet à l’équipe de consolider son modèle. Pas question ici d’empiler les mètres carrés ou de séduire à tout prix les grands comptes. La priorité est claire : construire un lieu pérenne, animé et communautaire. « On a pris le temps de valider notre fonctionnement, de l’ajuster, de l’éprouver dans la durée », explique Simon. Au final, certaines entreprises restent plusieurs années, évoluent dans les murs, recrutent, se structurent à l’image de Delivagri, qui est passée de 2 à une soixantaine de salariés en quelques années. Si l’entreprise vient tout juste de quitter la forge, elle garde toutefois un lien fort avec le lieu.

À la conquête de l’Ouest

Pendant que les grands réseaux se disputent les métropoles, WeForge choisit une autre voie. À partir de 2021, le projet sort d’Angers et amorce une croissance maîtrisée dans l’Ouest avec une première ouverture à La Roche-sur-Yon. Puis un second site en 2024. Cholet suit la même année. En 2025, Le Mans rejoint la carte et un deuxième site ouvre à Angers, près de la gare cette fois-ci.

Pas de course au volume. Chaque ouverture s’inscrit dans une logique de territoire, dans des villes à taille humaine, souvent industrielles, avec un tissu entrepreneurial actif. WeForge cible des zones d’influence naturelles, où la proximité permet de garder le lien, la cohérence et la qualité. Tous les espaces sont acquis en propre, un choix stratégique qui renforce la solidité du modèle.

« On a toujours refusé les franchises ou les licences de marque. Ce qu’on aime, c’est faire à notre manière, avec notre culture, notre tempo », résume Simon. Aujourd’hui, le réseau rassemble six sites pour près de 7 000 m², 600 postes de travail, et une communauté qui dépasse les 5 000 utilisateurs annuels.

Une communauté active, bien plus qu’un bureau

Chez WeForge, les bureaux ne sont qu’un point de départ. Ce que viennent chercher les résidents, c’est un environnement vivant, stimulant, ouvert. Et ce n’est pas un hasard si l’équipe a toujours surinvesti l’animation. Dès les débuts, un soin particulier est apporté aux mises en relation, à la dynamique collective, à la création d’opportunités.

« Sans animation, ça ne fonctionne pas. Ce que les gens viennent chercher, c’est du lien, des échanges, une émulation entre pairs », rappelle Simon. Chaque espace organise plusieurs événements par semaine : apéros, conférences internes baptisées WeTalk, permanences de partenaires (juristes, assureurs, comptables…), sans oublier les temps informels autour d’un café.

La communauté WeForge

Cette culture de la collaboration se reflète jusque dans le nom du réseau. WeForge, c’est « nous forgeons », un clin d’œil aux anciennes forges. « Une forge, c’était déjà un espace partagé. On y travaillait côte à côte, avec des outils communs, chacun pour son projet », explique Simon. Aujourd’hui encore, c’est cette idée qui guide le fonctionnement des lieux. Tous les membres sont appelés les forgerons, qu’ils soient indépendants, créateurs ou dirigeants de PME.

Ici, le bureau est un outil, pas une finalité. Ce qui compte, c’est le collectif, le maillage, les interactions du quotidien. Et ce lien-là, il ne s’achète pas au mètre carré. Il se crée même parfois entre ceux qui n’occupent pas physiquement un bureau. Car au fil des années, un autre levier s’est imposé comme une porte d’entrée dans l’écosystème : la domiciliation.

La domiciliation, porte d’entrée dans la communauté

Longtemps discrète, l’activité de domiciliation prend aujourd’hui une place croissante chez WeForge. Près de 400 entreprises y sont désormais domiciliées, dans l’un des six sites du réseau. Mais là encore, pas question de proposer une boîte postale sans âme. « Chez WeForge, on plante des adresses, mais on cultive des communautés », résume Simon.

Les domiciliés ont accès aux lieux, aux événements, aux conseils. Une demi-journée de salle de réunion est incluse chaque mois, pour organiser une AG ou accueillir un partenaire. Le but est clair : maintenir un lien actif, même avec ceux qui n’occupent pas un poste de travail au quotidien.

Cette approche permet à WeForge de garder le contact avec des entrepreneurs à différentes étapes de leur parcours, parfois anciens résidents, parfois futurs occupants. C’est un point d’entrée souple, souvent sous-estimé par d’autres acteurs, mais ici pleinement intégré dans une logique communautaire. Un premier pas vers un accompagnement plus large, sans pression ni obligation.

Et après ? Grandir, oui, mais sans se trahir

Après quatre ouvertures en douze mois, l’équipe préfère reprendre son souffle. Pas question d’ouvrir à tout-va. WeForge continue d’explorer de nouvelles villes, notamment en Sud-Bretagne ou en Charente, mais sans précipitation. Chaque projet est mûri, testé, validé. La priorité reste la même : garder le contrôle, rester fidèle à l’esprit du lieu.

Autre chantier en cours : la structuration de l’offre de domiciliation, qui prend de l’ampleur. Une nouvelle version digitale est en préparation, pour mieux outiller les domiciliés et prolonger leur accès à la communauté. WeForge vient également de rejoindre le Synaphe, le syndicat national du secteur, au sein duquel Simon Gérard est administrateur. Une manière de renforcer son expertise, de se connecter à d’autres acteurs et de professionnaliser davantage cette activité qui devient un levier de lien durable avec les entrepreneurs.

« On veut continuer à grandir, mais de la façon la plus simple et la plus concrète possible », insiste Simon. Fidèle à son esprit d’origine, WeForge avance sans levée de fonds, sans franchise, sans surpromesse. Juste un réseau qui s’étoffe, une communauté qui se renforce, et des entrepreneurs qu’on appelle ici… des forgerons.

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Le Récap
  • Une coloc d’entrepreneurs devenue réseau de coworking
  • À Angers, un modèle qui s’étoffe… sans se dénaturer
  • À la conquête de l’Ouest
  • Une communauté active, bien plus qu’un bureau
  • La domiciliation, porte d’entrée dans la communauté
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