Coworking : êtes-vous vraiment bien assurés ?

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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80 % des espaces de coworking seraient mal couverts par leur assurance. Et si c’était votre cas ?

Multirisque pro, Responsabilité Civile Professionnelle et d’Exploitation, option cyber, clause spéciale… vous cochez toutes les cases ? Pas si sûr. Selon Stéphane Margall, fondateur de Cowork-Assurances, la grande majorité des espaces de coworking en France n’ont pas une couverture assurance adaptée. Non pas parce qu’ils négligent leur assurance, mais parce qu’ils souscrivent des contrats classiques qui ne prennent pas en compte leurs réalités. Espaces bien-être, location d’événements, murs d’escalade ou domiciliation d’entreprises : le coworking a bien changé, mais les contrats standards, eux, pas toujours.

Penser assurance comme on pense aménagement

Quand on ouvre un espace de coworking, on a tendance à se concentrer sur l’expérience utilisateur, le design, les services… et reléguer l’assurance en fin de chaîne. Or, les usages ont tellement évolué qu’un contrat classique ne suit plus forcément.

« Beaucoup d’espaces développent des services qui sortent du cadre tertiaire classique : événementiel, activité bien-être, domiciliation, fitness, conciergerie… jusqu’à la licence IV ou à la salle de mariage », explique Stéphane Margall. Le tout souvent dans une logique d’optimisation maximale des surfaces. Résultat : un assureur généraliste peut se retrouver démuni face à des activités hybrides, mal déclarées ou mal identifiées.

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Si certains acteurs généralistes comme la MAAF, la MAIF, Abeille Assurances ou AXA ont construit une offre pour les espaces de coworking, ces dernières sont loin de couvrir l’ensemble de leurs activités : coworking pur, centres d’affaires, bureaux partagés, service de domiciliation, centres d’appels…

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Une assurance sur mesure pour le coworking

C’est justement un acteur du terrain, à la tête d’un réseau d’une trentaine d’espaces, qui a sollicité Stéphane Margall en sortie de confinement. Courtier depuis plus de trente ans avec son cabinet Stema Foujols, il découvre alors l’univers du coworking et commence à bâtir une première offre sur mesure.

« J’ai visité un des premiers espaces de ce réseau et je suis resté bluffé. Je me suis dit : moi aussi, j’aimerais travailler ici. C’est là que j’ai compris qu’il fallait une assurance à la hauteur de ces lieux », raconte-t-il. Séduit par la mission et conscient du besoin, il décide de structurer une offre dédiée. Cowork-Assurances était né.

Le programme a été pensé dès le départ pour encapsuler cette diversité. Tous les types d’espaces sont intégrés dans une même offre qui regroupe les garanties essentielles (multirisque professionnelle, responsabilité civile professionnelle et d’exploitation, perte d’exploitation, garanties pour les coworkers, perte d’image), avec des options adaptées aux réalités du terrain comme la cyber-protection, la responsabilité civile du dirigeant ou la protection juridique.

Domiciliation : un vrai risque, souvent sous-estimé

C’est l’un des angles morts les plus fréquents. De plus en plus d’espaces proposent de la domiciliation d’entreprise, sans toujours en mesurer les conséquences réglementaires. Or cette activité encadrée expose à des contrôles stricts : TRACFIN, lutte contre le blanchiment, RGPD… En cas de manquement, une fermeture administrative est possible, avec à la clé une perte sèche d’exploitation, des amendes et une atteinte à l’image.

L’espace domiciliation et boîtes aux lettres du Grub

« J’ai eu le déclic quand une cliente m’a raconté le cas d’un espace sanctionné suite à un contrôle. Il n’existait aucune garantie spécifique pour accompagner les conséquences d’une telle décision », confie Stéphane Margall. C’est ce constat qui l’a poussé à intégrer une plateforme de conformité dans son offre, développée par un avocat spécialisé, ainsi qu’un parcours de formation en e-learning. Objectif : sécuriser l’activité, mais aussi professionnaliser un métier encore trop souvent improvisé.

Assurance : où s’arrête la responsabilité de l’espace ?

Autre point de friction : qui est responsable en cas de vol ou d’incendie dans un bureau privatif ? Qui couvre les dégâts causés par un utilisateur tiers ? Là encore, les zones grises sont nombreuses. « L’espace de coworking assure ses risques locatifs, ses murs, son mobilier, son activité. Pas celle des entreprises qui y travaillent », rappelle Stéphane.

Chaque occupant doit donc être couvert de son côté, même pour une journée de travail. Mais comme ce n’est pas toujours le cas, Cowork-Assurances a intégré une garantie spécifique pour simplifier la couverture des coworkers, sans multiplier les démarches ni les contrats.

Aujourd’hui, la solution séduit une centaine de clients partout en France. Et elle s’inscrit dans une dynamique de structuration du secteur, portée notamment par le Synaphe. « On progresse en allant sur le terrain, en discutant avec les espaces, en participant à leurs événements. C’est là qu’on repère les vrais besoins. »

Un coworker doit-il souscrire une assurance spécifique ?

Oui. Même si l’espace est assuré, chaque coworker reste responsable de ses propres actes et de son matériel. Une assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) est fortement recommandée, voire obligatoire selon l’activité.

Quelle est la différence entre RC Pro et RC Exploitation ?

La RC Pro couvre les erreurs ou fautes dans le cadre de votre activité (ex. : un conseil erroné donné à un client). La RC Exploitation couvre les accidents du quotidien (ex. : vous renversez votre café sur l’ordinateur d’un autre coworker).

Mon matériel est-il couvert dans un espace de coworking ?

Non, sauf si vous avez souscrit une assurance pour vos équipements professionnels. Elle protège vos ordinateurs, écrans ou appareils spécialisés contre le vol ou les dommages, y compris en dehors de votre présence.

Et si je suis photographe ou vidéaste ?

Dans ce cas, mieux vaut opter pour une assurance dédiée à votre matériel (informatique ou audiovisuel), plus adaptée aux équipements sensibles et aux usages intensifs.

L’espace de coworking est-il responsable de ce qui m’arrive ?

Non. L’espace assure ses murs, ses équipements et son activité, mais pas la vôtre. En cas de vol, de casse ou d’accident, vous êtes le seul responsable si vous n’êtes pas couvert personnellement.

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.