Reprise de bail : comment InSitu aide les entreprises à se libérer du 3-6-9

Thibaut Bernardin
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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations...
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Le bureau opéré par InSitu

InSitu a trouvé la parade au bail 3-6-9 : la reprise de bail. Et si la flexibilité commençait par rester où vous êtes ?

Changer de bureau pour gagner en souplesse ? Pas forcément. InSitu, acteur du bureau opéré depuis bientôt 30 ans, propose une autre voie : transformer un bail rigide en contrat de service… sans déménager. Moins de contraintes, moins de coûts, plus de confort. Une innovation discrète mais redoutablement efficace, qui séduit de plus en plus d’entreprises coincées dans un bail classique. On vous explique comment ça marche.

Le bail 3-6-9, symbole d’un monde d’avant

Pendant longtemps, le bail commercial 3-6-9 a structuré l’immobilier tertiaire français. Un contrat simple sur le papier : engagement de neuf ans, avec possibilité de sortie tous les trois ans. Mais dans les faits, ce modèle enferme plus qu’il ne libère. Surtout depuis que le bureau n’est plus un simple espace de travail mais un levier d’adaptation stratégique.

« Avec le Covid, beaucoup d’entreprises se sont retrouvées à devoir chauffer, climatiser et sécuriser des locaux à moitié vides… sans pouvoir s’en dégager », raconte Stéphane Adnet, directeur général d’InSitu depuis 2022. Il pilote aujourd’hui le développement d’un acteur historique du bureau opéré, né à Toulouse il y a presque 30 ans.

Stéphane Adnet, Directeur Général d’InSitu

L’exemple qu’il donne est parlant : un de leurs clients, engagé sur un bail de 20 000 m² juste avant la crise, n’avait plus besoin que de la moitié de la surface une fois le télétravail généralisé. Impossible de réduire la voilure. Le bail était là. Implacable. « Le bail 3-6-9 a fini par emprisonner beaucoup d’entreprises », tranche-t-il.

Pour sortir de l’impasse, certaines entreprises misent sur la sous-location, à l’image de Blablacar, pour rentabiliser une partie de leur surface. Mais cette option suppose un bail qui l’autorise, une gestion fine de la cohabitation et, souvent, une capacité à séduire d’autres entreprises. Pas évident pour tout le monde.

Aujourd’hui, les directions immobilières cherchent de la souplesse, du sur-mesure, des contrats ajustables. Bref, tout ce que le bail classique ne peut pas offrir.

La reprise de bail, une porte de sortie concrète

Et si, au lieu de fuir leur bail, les entreprises le faisaient évoluer ? C’est tout l’enjeu de la reprise de bail proposée par InSitu. Le principe : garder le même bâtiment, mais changer de logique contractuelle. L’entreprise quitte son statut de locataire. InSitu reprend le bail auprès du propriétaire. Et propose en échange un contrat de prestation de services — plus flexible, plus lisible, et surtout… libéré des contraintes du 3-6-9.

Landing, bureau opéré d’InSitu à Toulouse

« On intervient à trois : le client, le bailleur et nous. On reprend le bail, on s’engage sur une durée plus longue, et le client s’engage avec nous sur un contrat de bureau opéré sur la même durée », explique Stéphane Adnet. Le bailleur y gagne une meilleure visibilité. L’entreprise, elle, évite un déménagement souvent socialement sensible, conserve son adresse, modernise ses espaces… et réduit la complexité.

Car la transformation va plus loin. InSitu prend en charge les travaux de rénovation, l’ameublement, la gestion du site et même les services associés : conciergerie, restauration, salles de sport, terrasses aménagées. Le tout dans une logique de « bureau clé en main ». Ce que son directeur général résume ainsi : « Nous sommes les hôteliers du bureau. »

Landing, bureau opéré d’InSitu à Toulouse

Du bail au service : un vrai changement de modèle économique

Passer d’un bail commercial à un contrat de service, ce n’est pas seulement un changement juridique. C’est un bouleversement économique. Dans le modèle traditionnel, les entreprises doivent souvent mobiliser des fonds importants pour aménager leurs bureaux : cloisons, mobilier, IT, décoration, etc. À cela s’ajoute le poids du bail, inscrit au passif du bilan. Résultat : un engagement long, lourd, risqué.

Avec le bureau opéré, tout change. Le contrat est mensualisé. Les investissements sont externalisés. Le mobilier, les travaux et les équipements sont pris en charge par InSitu. L’entreprise ne paie plus un loyer, elle achète un service.

« Le client se désendette. Il n’a plus besoin d’emprunter pour financer ses bureaux. C’est moi qui prends la dette à sa place », résume Stéphane Adnet. Un changement subtil, mais stratégique. Le bureau devient une ligne de dépenses dans le compte de résultat, pas une immobilisation. Pour les grands groupes comme pour les ETI, c’est un atout qui pèse lourd dans les arbitrages internes.

Landing, bureau opéré d’InSitu à Toulouse

L’intérêt est aussi opérationnel. Plus besoin de gérer plusieurs prestataires — un pour l’accueil, un autre pour la maintenance, un troisième pour le café, etc. Le bureau opéré regroupe tout dans une offre unique, avec un seul interlocuteur. C’est la fin du casse-tête de la gestion multi-contrats.

InSitu va même plus loin dans cette logique proche du « tout compris » en intégrant ses propres filiales de restauration (Work & Food) et d’aménagement (Work & Design). De quoi contrôler la qualité, réduire les délais et maîtriser les coûts. « L’intégration verticale, c’est ce qui nous permet de proposer un service cohérent de bout en bout », souligne Stéphane Adnet.

Un modèle encore rare, mais de plus en plus demandé

La reprise de bail n’est pas encore un réflexe chez les entreprises. Et pourtant, la demande de flexibilité est là. Post-Covid, le bureau opéré a gagné du terrain, au point de se montrer plus dynamique que le coworking. Contrairement aux espaces partagés standardisés, il permet une personnalisation complète, jusqu’à la couleur des murs ou la forme de l’accueil. « Même pour des équipes de quatre ou cinq personnes, les clients veulent leur propre espace, privatif, à leur image », constate Stéphane Adnet.

Sur les 60 000 m² que gère InSitu aujourd’hui, près de 40 000 sont en mono-client. Pas des petites surfaces : on parle de bâtiments entiers, parfois pour Airbus, Capgemini ou Atos. Et la durée moyenne d’un contrat signé ? Huit ans et demi. Autant dire que le bureau opéré, tel que le conçoit InSitu, n’a plus rien à voir avec la volatilité du coworking.

La reprise de bail, dans ce contexte, devient une carte maîtresse. Non seulement elle répond à un vrai besoin — sortir d’un bail sans bouger —, mais elle offre aussi une alternative à la création ex nihilo de nouveaux sites. Pas besoin de construire, ni même de déménager. Il suffit d’aménager, de reprendre, de transformer.

« Ce qu’on propose, c’est de rester. Mais autrement. » Et si c’était ça, la véritable flexibilité ?

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Thibaut Bernardin est le fondateur et directeur de la publication de Working Life. Il analyse les évolutions du coworking, de l’immobilier tertiaire et des nouvelles organisations du travail à travers enquêtes, interviews et tests d’équipements pour le bureau.