Croissance rapide, cabines acoustiques qui cartonnent, grands comptes en ligne de mire… ReDesk confirme la montée en puissance du mobilier de bureau de seconde main.
Il y a un peu plus d’un an, nous testions le service de ReDesk pour aménager des bureaux. À l’époque, la jeune pousse faisait ses premières armes sur le marché du réemploi. Depuis, elle a bien grandi. Présente pour la toute première fois en tant qu’exposant sur le salon Workspace Expo, son stand n’a pas désempli. L’occasion d’échanger directement avec la marque pour savoir où elle en est et quelles sont ses perspectives.
Une croissance express : quand le portefeuille rejoint la RSE
En l’espace d’une petite année, ReDesk a connu une accélération spectaculaire. « Depuis l’année dernière, on a plus que doublé sur l’effectif, on est 15 aujourd’hui. Sur le chiffre d’affaires on a fait + 60 % », nous détaille l’équipe sur le salon.
Comment expliquer un tel engouement ? Si la loi AGEC pousse indéniablement les acteurs publics et de plus en plus d’entreprises vers le réemploi, la réalité du terrain est avant tout économique. « Idéalement, les entreprises viennent pour le projet RSE. Mais en réalité aujourd’hui, dans le contexte actuel, c’est principalement financier. Et si en plus, il y a un aspect RSE, c’est top », analyse avec lucidité notre interlocuteur. Une aubaine pour les entreprises qui peuvent s’équiper avec du mobilier professionnel de grande marque à une fraction du prix du neuf.
Le boom inattendu des cabines acoustiques de seconde main
S’il y a un produit qui illustre parfaitement cette logique financière, c’est bien la cabine acoustique. Ces bulles de concentration sont devenues indispensables en open space, mais leur prix neuf (souvent au-delà des 10 000 euros pour les modèles premium) freine de nombreux acheteurs.
Chez ReDesk, ces équipements s’arrachent, revendus quasi neufs autour de « 3 à 4 000 euros maximum ». L’impact sur leur activité n’est d’ailleurs pas neutre : « La cabine acoustique a représenté un tiers du chiffre d’affaires l’année dernière », nous révèle-t-on sur le stand.
Mais comment ces cabines se retrouvent-elles sur le marché de l’occasion si vite, parfois après seulement 6 mois d’utilisation ? Les raisons sont multiples : des entreprises qui ont vu trop grand et ne s’en servent pas, des sociétés qui déménagent et refusent de payer le lourd transfert de ce mobilier, ou malheureusement des fermetures soudaines liées à des restrictions budgétaires.
Du flux tendu au stock de sécurité : un modèle qui mûrit
La grande force originelle de ReDesk était de fonctionner sans aucun stock, en pur flux tendu. L’idée était d’intervenir deux mois avant le déménagement d’une entreprise pour revendre le mobilier directement depuis l’ancien site.
Mais avec la croissance, la start-up a dû s’adapter pour répondre aux urgences. « Comme maintenant on connaît ce qui va bien, ce qui va partir, on a pris un petit stock », explique notre contact. Un « petit » stock de 300 m² qui leur permet de lisser leur activité et de répondre à des demandes plus variées.
Leur cœur de métier reste les lots de taille moyenne : « Ce qu’on adore faire et là on est les meilleurs, c’est entre 20 et 50 postes à la fois ». Cependant, ils se positionnent de plus en plus sur des « énormes gisements » de 200 à 300 postes, ce qui leur permet ensuite d’éclater ces lots pour équiper plusieurs petites entreprises.
De la PME aux grands comptes : un développement tous azimuts
Aujourd’hui, l’entreprise ratisse large. Elle continue de livrer très rapidement : comptez seulement 2 à 3 semaines entre la commande et la livraison. « On est en gros deux fois plus rapide que le neuf parce qu’il n’y a pas la commande à l’usine », souligne le représentant.
Outre les PME et le grand public (qui vient s’y équiper en sièges ergonomiques à 200 ou 450 euros pour le télétravail au lieu de 1 600 euros), ReDesk s’attaque désormais aux très grands comptes. La marque a lancé une offre d’audit et d’inventaire : « On fait l’inventaire de tout le parc mobilier des grosses entreprises jusqu’à 5 ou 10 000 collaborateurs » avant de leur fournir une plateforme de gestion dédiée.
Avec le vent en poupe et une présence remarquée au milieu de ses partenaires et concurrents (comme Makiba), ReDesk démontre que le mobilier de seconde main est bel et bien devenu un premier choix pour les aménageurs d’espaces de travail.